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Les jeunes désireux d’évoluer dans le domaine des arts et de la culture sont confrontés à un problème de formation. Pour résoudre cette équation, deux associations, Guédiawaye Hip Hop et Africulturban, en collaboration avec la Maison des Cultures urbaines de Ouakam (Mcu), ont uni leurs efforts pour mettre en place une école de formation professionnelle et technique. «Sénégal Talent Campus» sera lancé officiellement aujourd’hui.

En quoi consiste ce projet Sénégal Talent Cam­pus ?
Ce projet Sénégal Talent Campus a été mis en place par Africulturban et Guediawaye Hip Hop, deux associations de la banlieue qui travaillent dans le métier des arts et de la culture. Nous projetons de mettre en place un centre de formation professionnel et technique dédié aux métiers des arts et de la culture. Depuis 1960, on n’arrive pas à mettre en place des institutions dédiées à la formation dans le domaine des arts. Toutes les initiatives qui ont été lancées ont été plombées. Et nous, on sait que c’est un secteur générateur d’emplois et il faudrait travailler à la structuration de ce secteur par la formation professionnelle. Dans le domaine des arts et de la culture, il faut qu’on convienne de qui est administrateur de la culture et qui ne l’est pas. De qui est régisseur, manager ou technicien de son. Et pour ça, il fallait écrire les curricula. Et pour écrire les curricula, les gens des secteurs ne pouvaient pas le faire eux seuls. Il fallait un partenariat avec la Direction de la formation professionnelle (Dfp) pour faire ce travail avec des méthodologues. A la suite de notre rencontre avec le président de la République lors de la pandémie, il a évoqué la question de la formation professionnelle et est-ce que les acteurs culturels travaillaient avec ce secteur. On est allés voir le Fffpt, la Dfp qui a mis à notre disposition des méthodologues et nous avons trouvé les moyens nous-mêmes pour tenir ces ateliers de formation qui ont débuté depuis le 15 juin et qui ont été clôturés ce 29 octobre. Ça a duré longtemps mais il le fallait. Il fallait finir la rédaction des référentiels métiers compétences, des curricula, les référentiels en régie son, régie lumière, en régie de production et en administration culturelle, ce que nous avons fait. On a bouclé la formation des formateurs pour que ces mêmes formateurs puissent former. Maintenant, à partir de 2021, nous allons ouvrir un centre de formation professionnelle et technique appelé Sénégal Talent Campus Wadial euleuk.

Ce centre sera domicilié ou ?
C’est sur trois pôles. La Maison des cultures urbaines, (Mcu), Guédiawaye et Pikine.

Quelles sont les cibles pour cette formation ?
Ce n’est pas spécifiquement pour ceux qui sont dans le hip hop mais tous ceux qui sont dans les arts et la culture. Celui qui s’intéresse au son et à la lumière, il peut travailler pour le hip hop comme pour le mbalakh. Celui qui est administrateur culturel il l’est pour n’importe quel type d’artistes. Nous voulons devenir de véritables professionnels et il faut pour cela que le secteur des arts et de la culture soit mieux structuré. Jusque-là, les gens avancent comme des amateurs. On ne trouve pas assez de professionnels et il nous faut des ressources humaines de qualité dans le secteur des arts et de la culture. Ce que nous voulons, c’est que tous ceux qui arrivent à finir leur formation dans le centre finissent avec un Bts et puissent se retrouver avec des certificats reconnus.

Ce seront des formations payantes ?
Oui ce seront des formations payantes bien sûr. Mais elles seront accessibles. Nous tenons compte de la philosophie hip hop qui est une philosophie des masses. Nous sommes issus de la banlieue, de zones défavorisées et l’objectif du projet c’est de contribuer à offrir des emplois aux jeunes et aider l’Etat à lutter contre le manque d’emplois.

Est-ce que l’Etat vous a soutenus financièrement ?
Pour le moment non. Tout ce qu’il y a lieu jusque-là, c’est sur fonds propres. Mais nous avons quand même eu le soutien de la Caisse des dépôts et consignations. Nous avons une convention qui nous lie et qui a accompagné en partie la rédaction des curricula.

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