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Marième Ndir vient de publier le tome II de son roman, «Destins croisés», 5 ans après le tome I. Il y a une dizaine d’années, ses nouvelles littéraires berçaient le cœur des grands lecteurs du journal Le Quotidien et aujourd’hui, sa passion pour l’écriture qui grandit de jour en jour. Elle s’est prêtée à un jeu de questions-réponses avec Le Quotidien chez elle, au quartier Golf nord à Guédiawaye. Toujours souriante, Marième Ndir nous parle dans cet entretien de son nouveau bébé, qui a été présenté au public samedi dernier à la librairie Didactika.

Après le tome I de votre livre «Destins croisés» il y a 5 ans, vous venez de publier le tome II. Faites-nous une description de l’ouvrage ?
Destins croisés Tome II, si je devais résumer le livre en une phrase, je le résumerais ainsi : comment les rencontres qu’on fait dans, que cela soit les rencontres professionnelles, les rencontres personnelles, impactent notre vie. Destins croisés Tome II, c’est la suite du tome I qui mettait en scène la vie de Sénégalaises vivant à Paris. Ce sont des histoires d’amitié et d’amour. Les personnages ont évolué et ce tome nous entraîne dans les péripéties de leurs vies.

D’où vous est venue l’idée de faire ce roman ?
L’idée est partie d’une nouvelle. J’étais plus habituée à écrire des nouvelles. J’avais commencé par publier des nouvelles dans les cahiers de vacances du journal Le Quotidien. Je voulais au départ faire un recueil de nouvelles. Je me suis dit pourquoi ne pas rassembler ces nouvelles et en faire une histoire, des gens qui se connaissent dont les destins se croisent. C’est comme ça qu’est née l’idée du roman. Quand j’ai commencé à écrire les nouvelles, j’étais au Sénégal. Après, quand je suis partie en France peut-être ma vie là-bas m’a influencée. Je suis partie sur l’idée de Sénégalaises vivant en France. Trois amies qui sont intimement liées, qui développent une forte amitié. Je raconte l’histoire d’amitié entre ces trois femmes mais aussi leurs histoires avec les hommes.

C’est une fiction mais est-ce que les lecteurs peuvent avoir une idée sur le mode de vie de ces Sénégalaises à Paris ?
Peut-être un aperçu parce qu’il y a beaucoup de fiction. Le roman ne reproduit pas exactement le mode de vie des Sénégalaises en France. Pour le tome I par exemple, il y a des gens qui vont lire le livre, ils vont dire : «Ah ! C’est comme ça que les femmes se comportent en France.» Mais non pas exactement. J’ai essayé d’écrire de façon très décomplexée. Bien sûr qu’il y a un certain mode de vie des Sénégalaises en France qu’on perçoit dans le roman mais pas totalement. Destins Croisés Tome II, ce n’est pas simplement une histoire d’amour. La plus grande histoire du roman, c’est une histoire d’amitié, à savoir Nina et Khady. Pour moi, c’est l’histoire la plus importante du roman. Et je voulais créer des caractères où les gens se retrouvent et souvent des lectrices m’interpellent et me disent qu’elles se voient comme une Nina, une Khady, une Sali. Ça signifie qu’il y a une part de réalisme, de réalité dans le roman.

Qu’est-ce qui caractérise l’amitié entre Nina et Khady ?
Il y a surtout l’affection parce que quand on parle d’amitié, il y a forcément l’affection. Ce sont des femmes de caractère. J’ai choisi des femmes au caractère bien trempé qui savent surmonter les difficultés qui sont en face. Donc il y a cette ressemblance des caractères qui renforcent leurs liens d’amitié, il y a aussi le courage et la sincérité. Ce sont des femmes sénégalaises modernes, fortes.

Il y a de l’amour mais aussi de la déception dans le roman ?
La déception était présente surtout dans le tome I. Par exemple, il y a un personnage qui s’appelle Sali. Elle, c’est la femme un tout petit peu naïve qui laisse vivre ses sentiments à fond. Donc elle a vécu une grande déception en amour. Heu­reusement, dans cette épreuve, il y avait Nina et Khady qui étaient là pour la requinquer, la soutenir. Cela prouve encore à quel point l’amitié est importante pour ces femmes. Ça c’est un élément qui est important. Parce que quand on est à l’extérieur, on ne voit pas ses parents, on ne voit personne. On n’a que ses amis. C’est là vraiment que l’amitié prend son sens.

«Destins croisés», c’est une fiction mais est-ce que quelque part c’est une histoire réelle tirée des relations entre l’auteure Marième et ses copines ?
Pas totalement. (Rires). S’il y a une part de réalité, je dirais peut-être que c’est 1% ou 5%. C’est plus de la fiction que de la réalité. Destins Croisés Tome II, ce n’est nullement mon autobiographie, c’est surtout de la fiction.

Pourquoi le choix de faire de l’autoédition ?
Pour le premier roman Destins Croisés, j’ai fait ce choix automatiquement. Je n’avais envoyé le manuscrit à aucune maison d’édition. C’est vrai que c’était dur. J’ai fait surtout ce choix parce que je n’avais pas la patience d’attendre la réponse incertaine d’une maison d’édition. Je me suis dit pourquoi ne pas profiter de la facilité que procure la plateforme d’autoédition d’Amazon. Donc dès que j’ai fini d’écrire le roman, j’ai publié le manuscrit sur Amazon et au Sénégal les gens n’ont pas facilement accès à cette plateforme, du coup j’ai décidé de faire un tirage papier. C’était compliqué, je peux vous dire et ça a un coût aussi financier. Quand vous êtes autoédité, vous avez plusieurs casquettes. Vous avez la casquette d’écrivain, d’éditeur, de marketeur, de communicant et tout. Quand vous terminez la rédaction du manuscrit, il faut le mettre en forme et quand on est novice, ça vous prend énormément de temps. Je vous dis il y a des moments, je n’étais pas découragée mais je n’en étais pas loin. Après il faut bien sûr payer le coût de l’impression. Il faut faire appel à des prestataires. C’est une formation au métier d’éditeur. Je suis assez têtue de nature et quand je veux quelque chose, je me donne les moyens d’atteindre mes ambitions. Je me disais qu’il fallait coûte que coûte que je publie mon roman. Le coût financier ne m’a pas stoppée. L’énergie à fournir non plus ne m’a pas stoppée.

Comment vous avez réussi à le mettre à la disposition des librairies ?
Ça, c’est une question très intéressante. L’autoédition n’est pas bien vue, surtout par les librairies. D’habitude les librairies ne prennent pas de roman autoédité. Mais je me suis dit que quand on écrit son roman, il faut avoir de l’audace. Je n’ai pas hésité à contacter les librairies. Et la première librairie que j’ai contactée et qui m’a donné une réponse favorable, c’est la librairie Didactika. C’est pour ça que c’est ma librairie de cœur. C’est avec eux que tout a commencé. Mon premier roman était distribué par trois librairies parisiennes en plus de librairies implantées au Sénégal. Destins Croisés Tome II est disponible aussi en librairie au Sénégal et sur les sites Amazon et Fnac.

Vous en êtes à votre deuxième roman. Peut-on savoir d’où vous vient cette passion pour l’écriture ?
Tout commence par la passion pour la lecture. Quand j’étais adolescente, j’aimais beaucoup la lecture. Je passais mon temps à lire. Les gens me taquinaient en disant qu’ils ne me voyaient jamais sans un livre à la main. Et justement c’est de là qu’est née la passion pour l’écriture. Je me rappelle quand j’étais au lycée, j’écrivais des poèmes que je faisais lire à des camarades de classe qui m’encourageaient et disaient que c’était bien.

«Destins croisés», tome I, tome II, est-ce qu’il y aura un tome III, ou ce sera une autre histoire ?
Pour le moment, je ne sais pas encore. (Sourire) Peut-être qu’il y aura une suite. Tout est possible. Mais ce qui est sûr, c’est que j’ai pas mal de projets littéraires.

Quel message pour ceux ou celles qui ont envie d’écrire mais qui hésitent à cause des difficultés ?
Je leur dis de ne pas abandonner. Quand on veut écrire il ne faut pas abandonner. Si on donne son manuscrit à une maison d’édition et qu’elle le refuse et qu’on croit à son projet, il faut aller jusqu’au bout. Maintenant ce qui est bien, c’est qu’il y a des plateformes qui facilitent l’autoédition. Il y a Amazon qui nous permet de publier facilement entre autres plateformes. Et si on veut rendre son roman disponible au Sénégal, on peut contacter un imprimeur et faire le tirage de son roman. Le processus n’est pas simple mais la satisfaction qu’il y a au bout mérite tous les efforts et les difficultés. Je me rappelle mon émotion la première fois que j’ai tenu mon roman entre mes mains. Je suis bien contente aussi d’avoir concrétisé le projet Destins Croisés Tome II et j’espère que d’autres œuvres vont suivre.

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