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Le Sénégal compte marquer d’un grand coup le démarrage de l’exploitation du nouvel Aéro­port international Blaise Diagne de Diass (Aibd). Selon le ministre du Tourisme et des transports aériens, Maïmouna Ndoye Seck, le pays nourrit l’ambition d’assurer le vol commercial inaugural du nouvel aéroport avec un appareil de la compagnie aérienne Air Sénégal S.a dont le démarrage des activités est prévu cette année. Maïmouna Ndoye Seck qui présidait hier une matinée d’échanges dans le cadre de la célébration des Journées du transport aérien indique que le Sénégal va déployer une stratégie pour reconquérir sa place de hub sous-régional. Cette stratégie repose sur trois axes que sont la réalisation d’un aéroport de dernière génération, la mise sur pied d’un pavillon national fort et des aéroports régionaux aux normes. «Dakar demeure un hub naturel de la sous-région», indique le ministre qui constate que la disparition de la compagnie Air Afrique ainsi que de celles qui avaient pris le relais ont «fortement freiné l’expansion et l’atteinte des objectifs» que le Sénégal s’était fixé. Avec un objectif de 5 millions de passagers en 2023 dont 3 millions de touristes, le Sénégal devra reconquérir les 26% de parts de marché récupérés par les autres compagnies après la faillite d’Air Sénégal international.
Selon le directeur d’Air Sénégal S.a, Lamine Sow, la stratégie de la nouvelle société repose sur un modèle économique innovant, fondé sur la rentabilité. Ainsi, indique M. Sow, pour la première année, la compagnie va miser sur les marchés africains les plus rentables ainsi que la ligne Paris-Dakar avec un total de 4 avions. Une flotte jeune qui va permettre d’avoir des cycles de maintenance allongés et de faibles coûts de consommation de carburant. Ainsi, 12 destinations seront desservies en Afrique de l’Ouest et du Centre durant l’année de démarrage avant que la compagnie ne monte en puissance durant la deuxième année où elle passera à 14 destinations et 5 avions. En phase de maturité, la société devrait compter 9 avions sur 22 destinations dont l’Afrique de l’Ouest, Paris, Genève, Marseille ou Milan. Mais le business-plan, présenté par le directeur, a suscité quelques interrogations dans l’assistance. En effet, certains professionnels de l’aéronautique ont émis des réserves sur la capacité de la société à atteindre un équilibre financier dès la 4e année d’exploitation. De plus, soulignent ces acteurs, 60 à 80% du trafic de l’aéroport de Dakar se font vers l’international. «Il faut être ambitieux, mais rester réalistes. Dakar est trop excentrée pour être un hub sous-régional», constatent ces professionnels tout en pointant également l’arrivée du nouvel aéroport de Lomé et la montée en puissance de celui d’Abidjan avec ses 1,9 million de voyageurs en 2016. «La compagnie nationale n’est pas seulement un outil de rentabilité. Nous pouvons viser l’équilibre, mais une compagnie nationale est avant tout un outil de stratégie de développement d’un pays», tempère Mme Ndoye Seck, en assurant qu’Air Sénégal ne va pas mettre l’accent sur les lignes intérieures dans un premier temps.

Réhabilitation des aérodromes régionaux
Pour asseoir sa stratégie de reconquête, le Sénégal compte dérouler un plan de réhabilitation des aéroports régionaux. Selon M. Mathiaco Bessane, directeur des Transports aériens, cette réhabilitation dont le démarrage est prévu cette année va se faire en deux phases. La première qui concerne les aérodromes de Saint-Louis, Ziguin­chor, Matam, Tambacounda et Kédougou se fera sur financement externe avec des besoins fixés à 105 milliards de francs Cfa. Cette réhabilitation concerne les pistes, les aérogares ainsi que certains équipements de sécurité et de météo. La deuxième phase, financée sur le Budget consolidé d’investissement (Bci), va parachever le programme.

mamewoury@lequotidien.sn

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