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Une importante quantité d’huile d’arachide estimée à 12 milliards Cfa est en souffrance dans les magasins de la Sonacos de Dakar, alors que 70% des ventes de cette huile devraient servir à rembourser les dettes de la société.

L’usine de la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos) de Bel Air semble avoir des difficultés pour écouler sa production. En effet, c’est une importante quantité d’huile raffinée d’une valeur de 12 milliards de francs Cfa en souffrance que le nouveau directeur général de la Sonacos, Mamadou Diagne Fada, a trouvée hier dans les magasins de la société, lors d’une visite, compte non tenu des huiles brutes aussi stockées dans les entrepôts.
Fada invite ainsi les Sénégalais à consommer cette huile locale. «Les 12 milliards, Sonacos en a besoin. Elle a des engagements envers des partenaires et 70% des ventes de cette huile doivent servir à rembourser des dettes. La totalité de l’huile brute doit aussi être écoulée pour rembourser cette dette. Si nous consommons et que nous continuons à produire, il y aura une partie qui ira dans l’investissement. Raison pour laquelle il faudra rapidement évacuer ces stocks et aller vers d’autres chantiers», a plaidé M. Diagne. Il visitait hier l’usine de raffinage de l’huile brute et de conditionnement sise à Hann Bel Air.
Il s’agissait d’une prise de contact et d’une séance de travail avec les responsables de la Sonacos de Dakar, suivies d’une visite des magasins de stockage des produits finis. Le premier magasin de stockage a permis de constater d’importants stocks. «Pour la fête de Korité et même de la Tabaski, le Sénégal ne devrait pas manquer d’huile d’arachide qui est l’une des meilleures au monde avec ses différentes marques présentes dans le marché», a déclaré Mamadou Diagne Fada.
Auparavant, la délégation a suivi le processus de remplissage des sachets de ¼ de litre, le remplissage des seaux de 60 sachets de cette quantité et puis l’emballage suivi de l’acheminement vers les magasins de stockage. Le même processus concernant les bidons d’huile a été contemplé. Cependant, malgré l’importance de la production, les conditions de travail des ouvriers laissent à désirer. Ils n’avaient pas de gants, ni de chaussures de protection alors que les lieux sont glissants par endroits.
«Malgré les équipements un peu vieux et les taux de rendement un peu faibles, la Sonacos produit une bonne huile qu’il faudra vendre à nos compatriotes», a dit le nouveau Dg de la société qui insiste dans son appel patriotique aux Sénégalais pour consommer cette huile produite à partir de la première matière première nationale, notamment l’arachide, qui intéresse 4 à 5 millions de Sénégalais. «Sonacos est revenue dans le marché et il faudrait que nos compatriotes soutiennent cette volonté du président de la République de faire en sorte que les besoins des Sénégalais puissent être produits ici. Avec son soutien et celui du gouvernement, elle va se réhabiliter, aller de l’avant et produire davantage», a-t-il soutenu.
La deuxième étape de la visite a été l’unité de raffinage Sonacos Eid Dakar, située dans la même zone. Ici, tout le matériel de production à l’air vétuste. Les engins encrassés par l’huile ont perdu jusqu’à leur couleur. «C’est pourtant du matériel récent», affirment certains travailleurs, sans donner les dates de référence, alors que d’autres parlent d’installation datant de 27 ans. «Nous aurons certainement de nouveaux équipements, de nouveaux investissements pour faire en sorte que la Sonacos renaisse de ses cendres. Nous allons prendre des dispositions pour rapprocher le produit des Sénégalais», a dit Mamadou Diagne Fada.
ksonko@lequotidien.sn

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