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Même s’ils ont observé une pause cette semaine, les professeurs contractuels de philosophie comptent poursuivre leur mouvement de grève pour obtenir gain de cause. Leur arme est de faire dans la rétention de notes pour pousser les autorités à prendre en charge leurs préoccupations.

L’enseignement de la philosophie au Sénégal va connaître les prochains jours des perturbations. En cause, le collectif des professeurs contractuels de philosophie veut une reprise de la formation diplômante à distance à la Faculté des sciences et techniques de l’éducation et de la formation (Fastef). «Si avec la rétention des notes et le boycott des conseils de classe, certains élèves risquent la forclusion au Concours général ou ont du mal à faire leur préinscription dans les universités, l’État doit être tenu pour seul responsable de cette situation», s’est offusqué Mouhamadhre Aly Diédhiou, coordonnateur du collectif regroupant les professeurs de Philosophie, qui «constate amèrement l’arrêt de la formation à distance Fastef».
«Le mouvement continue et se poursuit. Nous avons fait une pause cette semaine pour pouvoir faire une évaluation exhaustive du suivi de la rétention des notes. Mais nous pouvons dire avec satisfaction que le mot d’ordre est suivi dans tous les lycées publics. Dans les jours à venir, la coordination va se réunir pour se radicaliser avec un mot d’ordre de grève», a soutenu le coordonnateur du collectif, qui rejette sur l’Etat la responsabilité de la situation que les professeurs contractuels de philosophie vivent.
La reprise de la formation à distance à la Fastef demeure le principal point de revendication de ces professeurs qui indiquent que «c’est suite au non-paiement d’une année de prestation des enseignants-formateurs que l’arrêt de cette formation est intervenue».
Attirant l’attention de l’opinion une nouvelle fois sur le «calvaire» qu’ils vivent, ces professeurs contractuels de philosophie, «qui ont démarré la formation diplômante à la Fastef», avaient cru voir le bout du tunnel.
«Cet acquis obtenu de haute lutte devrait être le début de la fin du calvaire vécu par de braves patriotes exploités, oubliés», souligne le collectif, qui constate que «c’est pour une somme dérisoire que les carrières de centaines de professeurs sont hypothéqués par l’Etat du Sénégal». «Que l’Etat du Sénégal se le tienne pour dit, et, nous prenons l’opinion publique, les bonnes volontés, les syndicats de l’enseignement», a dit Mouhamadhre Aly Diédhiou qui appelle «les autorités saisies à une résolution apaisée du problème». «Nous exigeons la reprise immédiate et sans délai de la formation», réclame M. Dié­dhiou.
«Cette injustice est d’autant plus grande que la philosophie est la seule discipline dans l’enseignement qui traîne des professeurs contractuels ayant fait plus d’une vingtaine d’années», dénonce le coordonnateur du collectif des professeurs contractuels de philosophie qui souligne que certains parmi les professeurs sont à trois ans de la retraite.

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