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Le Sytjust (Syndicat des travailleurs de la justice) n’est pas dans une dynamique d’arrêter sa grève, si le gouvernement ne satisfait pas ses revendications. Selon Ameth Touré, chargé de communication dudit syndicat, ils ont pris l’option de mener la lutte jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.

Les justiciables ont beaucoup souffert cette semaine de la grève des travailleurs de la justice. Elle a porté un sacré coup à l’Administration qui a été totalement paralysée. Seules les juridictions des flagrants délits et du Tribunal d’instance ont tenté de sauver les meubles avec l’aide des greffiers ad hoc en tenant des audiences dont les cas les plus sérieux ont été tous renvoyés. En dehors de ça, toute l’Adminis­tration était au point mort. Ceux qui sont venus se faire des certificats de nationalité ou des casiers sont retournés bredouilles. Mais la situation risque de s’empirer, si l’on en croit le chargé de communication du Sytjust, Ameth Touré. «Aujourd’hui, la situation n’a pas évolué, c’est le statut quo. Et c’est pourquoi le Sytjust a pris l’option de mener la lutte jusqu’à son terme pour obtenir la satisfaction des revendications», a martelé Ameth Touré. Il se justifie : «Cette radicalisation trouve sa source dans l’attitude des autorités qui semblent s’inscrire dans une dynamique de remise en cause des accords que nous avons obtenus.» Selon lui, «ces accords ont été obtenus à la suite des négociations qui se sont déroulées avec les autorités pour la rendre plus efficace et plus proche des usagers».
Mais il est difficile de le réaliser, dit Ameth Touré, au vu de leurs conditions de travail. Il précise que les statuts et les régimes indemnitaires sont d’une très grande importance. C’est pourquoi le Sytjust invite les autorités à prendre leurs responsabilités, en premier le chef de l’Etat qui est chargé de veiller à la bonne marche des institutions. Pour les syndicalistes, l’institution judiciaire occupe une place centrale dans un Etat démocratique.
Conscient qu’une semaine de grève n’est pas sans conséquence dans la République et pour son économie, Ameth Touré reconnaît qu’il y a «un manque énorme à gagner». Les dommages sur les usagers sont aussi énormes, ajoute-t-il, en soulignant qu’ils ont tout fait pour les éviter en choisissant la voie du dialogue pendant 4 années. Malheureusement, le choix ne leur est pas laissé, regrette-t-il. L’unique voie qui s‘offre à eux, c’est la radicalisation pour des accords qu’ils ont obtenus du gouvernement avec qui ils étaient en phase de procéder à la modernisation de la justice.
Un avis partagé par cet avocat qui a requis l’anonymat. «C’est une grève légitime qui a une base légale. C’est un syndicat qui a eu un comportement responsable envers les autorités. On a eu l’information selon laquelle le gouvernement a donné son engagement pour les satisfaire, mais il y a eu de la résistance au niveau du ministère du Budget et de celui de la Justice. Si Macky Sall prend des engagements, on ne peut pas comprendre qu’un ministère qui n’est qu’une institution d’exécution puisse opposer une résistance à l’exécution de ses engagements», a déploré la robe noire, selon qui «ce n’est pas le ministre qui rend compte devant la Nation, mais le Président». «Donc, il ne lui revient pas de faire une entorse à la décision du Président», dit-elle.
justin@lequotidien.sn

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