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Les trois stars de l’humour africain, Gohou Michel, Digbeu Cravate et Mamane, se sont produits jeudi dernier dans la capitale sénégalaise. Dakar, la ville où le maire n’est pas loin de son bureau ! Mamane, qui  a ouvert le spectacle qui avait pour cadre l’Institut français, a, dès ses premières minutes sur scène, fait part de sa frustration de ne pouvoir sacrifier à une de ses traditions qui consiste à aller dire bonjour au maire à chaque fois qu’il met les pieds dans une ville. «Cette fois-ci, je ne suis pas content d’être à Dakar», lance-t-il maladroitement au public qui cherche à comprendre ses propos. «Je suis content d’être à Dakar, mais je suis triste pour une chose que je ne peux pas faire», rectifie-t-il pour ne pas frustrer ce beau public qui a effectué le déplacement. Dès les premières minutes de son spectacle, l’humoriste a fait comprendre au public dakarois qu’il y a tout un «buzz médiatique» autour du fait que leur maire n’est pas dans son bureau, mais à côté de son bureau. «Partout dans le monde quand on évoque le Sénégal ou Dakar : on ne parle que de cela. C’est la ville où le maire n’est pas loin de son bureau.» Véritable ironie, oui ! Le public, ayant compris l’allusion de Mamane, a accueilli ses premiers mots par des claps, encensant de plus belle le chroniqueur de Rfi qui enchaînera avec une autre déclaration : «Au  Gondwana, pour savoir si les élections approchent, il suffit de jeter un regard sur le nombre d’opposants en prison.»

Tour d’horizon de l’Afrique
Commençant par son pays d’origine : le Niger, le président du Parlement du rire révèle que ce dernier est champion du monde en matière d’emprisonnement des opposants politiques. «Nous au Niger, au second tour, l’un des candidats était en prison. Au Gondwana, personne n’a encore fait mieux. On est donc champion du monde», lance derechef Mamane d’un ton comique.
Parlant toujours de son pays, le chroniqueur de Rfi s’offusque que malgré qu’il soit très riche en uranium, ses habitants cherchent toujours à émigrer vers les autres pays africains. «L’ura­­­nium appartient à Areva. Nous ne sommes là que pour garder l’uranium d’Areva», ironise-t-il.
Poursuivant son œuvre caricaturale sur l’Afrique gangrénée par le terrorisme, la misère et les dictatures rampantes, il note : «L’Algérie, tu sais qu’il ne faut pas aller là-bas, la Libye Al Qaïda et Ei (Etat islamique) y font la guerre. Le Mali, c’est l’Afghanistan du Sahel, la Somalie, le terreau des Shebab, le Nigeria Boko haram…»
Au Cameroun, c’est surtout sur le Président Paul Biya que Mamane a déversé ses talents humoristiques en le surnommant «Highlander».  Pour avoir fait 30 ans au pouvoir, le public trouve juste qu’il le surnomme ainsi. Quittant le Cameroun, le Nigérien atterrit au Tchad où il retrouve le «grand patron», Idriss Deby, confronté à une permanente rébellion. Analysant de plus près la situation de ce pays, l’humoriste voit au Soudan et au Sud Soudan l’Ena pour le Tchad. «Ils se forment là-bas et font la queue pour arriver au pouvoir ! De temps en temps, ils finissent ici à Dakar, mais on ne sait pas comment.» Une brève allusion à Habrè, qui a suscité un rire général dans le public.
Au cours de son spectacle, Mamane n’a pas manqué de tancer tous ces «Vip» qui se nourrissent sur le dos du Peuple et qui ont comme noms : pouvoir, ministres, membres du gouvernement. Ces mêmes personnes, qui occupent toujours les premières places dans les mosquées et la classe affaires dans les avions, laissent les pauvres derrière. Il faut surtout se faire une raison : «Dans la société, on se promène mais on n’a pas le même prix !»
aly@lequotidien.sn

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