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Le Projet de gestion intégrée des ressources en eau et de développement des usages à buts multiples du Bassin du fleuve Sénégal (Pgire II) connaît des avancées significatives après deux premières années difficiles.

Après deux années difficiles, le Projet de gestion intégrée des ressources en eau et de développement  des usages à buts multiples du Bassin du fleuve Sénégal (Pgire II) connaît des avancées «significatives». Selon le Haut-commissaire de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs), «après trois ans et demi de mise en œuvre, des avancées significatives ont été enregistrées». Avec un taux global de décaissement de 31,5% au 31 décembre 2017, «les perspectives sont très bonnes pour que le projet se termine à temps et atteigne ses objectif», estime Mme Marie Laure Lajeaunie, spécialiste de la Banque mondiale. La banque qui conduit présentement une mission d’évaluation à mi-parcours relève toutefois quelques lenteurs. «Le taux de décaissement est à 30% et on aurait espéré plus, mais il faut rappeler que les deux premières années du projet ont été très difficiles, puisqu’au bout de deux ans, on avait 4%. Le rythme est bon et si on continue comme ça on arrivera à atteindre les objectifs», précise l’experte. Mme Lajeaunie relève également que le volet hydro-agricole connaît quelques difficultés, essentiellement en Guinée. Dans ce pays, dit-elle, la  situation est préoccupante. «Des mesures fortes doivent être prises très rapidement», souligne M. Lajeaunie, mais la Guinée n’est pas le seul pays à connaître des difficultés dans le volet hydro-agricole de son programme. C’est aussi le cas dans les autres pays comme l’indique le Haut-commissaire Semega qui souligne que «c’est là où le bât blesse par rapport aux objectifs de performance et c’est là où il faut mettre beaucoup d’actions».
Le Pgire II en est à sa deuxième phase qui s’étend sur la période 2014-2021. Financé à hauteur de 240 millions de dollars, soit plus de 127 milliards de francs Cfa par la Banque mondiale, le programme bénéficie également d’un don de plus de 11 millions d’euros, plus de 7 milliards de francs Cfa, du Pays-Bas dans le cadre du Fonds mondial pour l’environnement (Fem).
Le comité de pilotage a ainsi planché sur le programme de travail et le budget détaillé des actions prévues, mais d’ores et déjà les réalisations du projet sont saluées par le Haut-commissaire. Il s’agit, entre autres, de la finalisation des études relatives à la Charte des eaux et dont les textes sont en cours de diffusion dans les Etats, de la sécurisation de 7 000 ha de périmètres irrigués villageois grâce à la construction de l’ouvrage de contrôle de décrue de la cuvette Yedia à Matam et des travaux de recalibrage et d’endiguement du Diawel à Dagana. Sur le plan sanitaire, le Pgire a distribué plus de 2 millions de moustiquaires imprégnées dans le bassin, contribuant de ce fait à une couverture de plus de 80% des ménages. En outre, 97% des enfants en âge scolaire ont été traités contre la bilharziose.

Renforcer le niveau de régulation
Cette année, les cultures de décrue ne pourront pas être pratiquées dans certaines zones du pays, notamment à Kanel dans la région de Matam. Selon le Haut-commissaire de l’Omvs, M. Semega, ce problème est la conséquence de la baisse de l’hydraulicité du fleuve, ce qui a affecté de façon significative les projections d’aménagement à Matam. Pour résoudre ce problème, M. Semega informe de l’accélération du processus de mise en place du barrage de Gourbassi. «Nous devons augmenter notre capacité de maîtrise de l’eau du fleuve. Aujourd’hui, il n’y a que le Bafing qui est régulé, mais pour le Bakoye qui est un affluent important, il n’y a pratiquement pas de régulation. C’est pourquoi nous voulons réaliser en urgence le barrage de Gourbassi. La manifestation d’intérêt est déjà lancée», indique-t-il. Ce barrage permettra de porter le niveau de régulation qui est aujourd’hui de 45% à 75-80%, ajoute le Haut-commissaire. «Cela permettra, en plus de l’eau que nous recevons, d’avoir des quantités supplémentaires par la maîtrise des eaux de la Falémé, de prévenir des situations comme celles que nous vivons actuellement», indique M. Semega qui prévient toutefois que cette action sera vaine sans la prise de conscience des acteurs pour un usage rationnel des eaux du fleuve.
mamewoury@lequotidien.sn

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