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Charles Fall, Dg Sones.

En visite, jeudi, à la Cité Ballabey, à Thiès pour constater de visu l’état d’avancement des travaux du nouveau forage pour l’alimentation en eau potable dudit quartier, le Directeur général de la Société nationale des eaux du Sénégal (Sones), Charles Fall, s’est prononcé sur les pénuries récurrentes d’eau à Dakar. Il explique que le dispositif d’alimentation en eau de Dakar est saturé avant d’annoncer un plan Marshall pour subvenir aux besoins en eau des populations de Dakar.

Pour régler le problème des pénuries récurrentes d’eau à Dakar, le Directeur général de la Société nationale des eaux du Sénégal (Sones) est formel : «nous ne sommes plus dans des phases d’urgence mais de mise en œuvre d’un plan Marshall défini par le président Macky Sall à travers la construction de forages partout où c’est possible», annonce Charles Fall, en visite jeudi, à Thiès. D’emblée, il renseigne que l’alimentation principale de Dakar vient du Lac de Guier qui, aujourd’hui, a atteint son point de satiété. «Le dispositif d’alimentation est saturé aujourd’hui, c’est ce qui explique quelques insuffisances recrudescentes dans l’alimentation en eau de certains quartiers de Dakar. Surtout les nouveaux quartiers et ceux en extension de Dakar. Cela également est dû principalement à la forte urbanisation, mais aussi à l’explosion démographique, l’évolution et la forte augmentation de la demande en eau qui n’était pas forcément une demande dormante prévisible», explique M. Fall. Toutes raisons, dit-il, de la décision du gouvernement, depuis 3 ans, de travailler à trouver une solution structurelle et pérenne pour sécuriser l’alimentation en eau de Dakar. Ce qui justifie, selon le Dg, la validation du plan d’investissement stratégique dont en premier chef le projet de construction d’une troisième usine d’eau à Keur Momar Sarr. «Les travaux ont démarré et c’est un projet qui coûtera à peu près 270 milliards de francs Cfa.» Lequel projet, selon le Dg de la Sones, permettra d’augmenter la capacité de production de Dakar de 50%. «Nous avons aujourd’hui une capacité installée pour l’alimentation en eau de 350 000 m3/j et nous allons passer avec ce projet à 550 000 m3/j pour l’alimentation en eau de Dakar. Ce qui va sécuriser jusqu’à 2035 la capitale et même au-delà. Un projet qui sera mis en service d’ici 2020», argue-t-il. Au-delà, le Dg de la Sones fera savoir que le gouvernement a mis en place un plan Marshall pour subvenir aux besoins des populations en très forte expansion. Ce qui justifie, selon lui, la construction de plus d’une trentaine de forages qui ont amené une production complémentaire de 100 000 m3/j, rien que pour renforcer l’alimentation en eau de Dakar. «Nous avons également travaillé sur le renforcement du réseau.»
Mieux, ajoute Charles Fall, «nous poursuivons la mise en œuvre de ce plan à travers des ressources complémentaires avec l’appui que la Banque mondiale au niveau du plateau de Tassette où nous avons démarré les travaux pour mobiliser à peu près 30 000 m3/j», entre autres projets à moyen terme.   C’est pour anticiper sur le début d’habitation également des pôles urbains de Diamnadio. Pour dire, selon lui, qu’ils ont «un plan stratégique cohérent, un plan qui nous permet non seulement de sécuriser l’alimentation en eau, de conforter cette sécurisation à travers la diversification de la source d’approvisionnement. C’est ce qui justifie aujourd’hui, l’ambition du gouvernement à construire une nouvelle usine ou voire même la première usine de dessalement d’eau de mer au niveau de l’Afrique de l’Ouest. Nous allons bientôt démarrer la construction de cette usine, le financement étant obtenu. A travers ce projet également, nous allons renouveler l’ensemble du réseau d’eau de Dakar-Plateau et ville». Il fera remarquer que la perte en eau à Dakar, «c’est à peu près 27%. Ce n’est pas moins de 45 000 m3/j». Un chiffre qui, selon le Dg de la Sones, Charles Fall, «est le double des besoins de la ville de Thiès mais également la capacité actuelle de l’usine de Ngnith». Pour dire, selon lui, «malgré tout,  l’hydraulique urbaine reste la plus performante au monde». Aussi, estime-t-il, «avec un taux de rendement de réseau de plus de 80%, nous pensons être l’un des plus importants également dans le monde. Et à travers cela, le renouvellement de ce réseau avec le projet de dessalement, nous sommes d’avis, sans risque de nous tromper, que l’alimentation en eau de Dakar sera sécurisée au moins au-delà des années 2050».
A ce titre, M. Fall demande aux populations d’avoir encore «un peu de patience», afin que «tous ces projets structurants soient achevés, parce que le dispositif actuel est arrivé à saturation, parce que tout simplement pendant ces 15 dernières années, il n’y a pas eu d’investissement structurant en faveur de l’alimentation en eau de Dakar. Le dernier projet a été pensé, conçu en 1998 et c’est Keur Momar Sarr actuel».

nfniang@lequotidien.sn

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