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L’emprisonnement de Guy Marius Sagna doit servir de leçon à ceux qui bravent les interdictions de manifester. C’est la conviction de Ibrahima Séne, membre du Pit. En marge, samedi, de la conférence publique de la Confédération pour la démocratie et le socialisme (Cds) qui portait sur «sécurité et développement», il a été interpellé par Le Quotidien sur certaines questions d’une tout aussi brûlante actualité.

Le terrorisme frappe à la porte du Sénégal, avec la situation au Mali. Quel rôle doit jouer les politiques dans la lutte contre le terrorisme ?
La situation est tellement sérieuse que nous savons tous qu’il y a deux jours, nos forces de sécurité ont échangé des tirs avec des infiltrés venus du Mali avec moto et kalachnikov. Donc, c’est vrai, le danger est là. Qu’est-ce que nous devons faire nous en tant que hommes politiques ? C’est éviter ce qui est arrivé au Mali. Qu’est-ce qui est arrivé au Mali ? Les hommes politiques, pouvoir comme opposition et Société civile, se sont tellement crêpé le chignon autour de l’accès au pouvoir qu’ils ont affaibli leur Etat au point que des groupes armés venus du Nord sont parvenus à les déstabiliser et à semer la terreur dans leur pays. Si nous mettons en avant nos préoccupations d’accès au pouvoir, nos préoccupations de positionnement, en ne tenant pas compte des dangers que nous vivons et qui vont être encore plus graves lorsque nous aurons du pétrole et du gaz, évidemment tous nos efforts pour juguler ce danger seront difficilement productifs.

La plateforme Noo lank mène actuellement une campagne sur la hausse du prix de l’électricité. Qu’en pensez-vous ?
Hausse du prix de l’électricité pour qui ? Il y a 54% des abonnés de la Senelec qui sont les plus faibles, qui sont les plus modestes et qui ne sont pas concernés par la hausse. La hausse concerne véritablement 20% des abonnés de la Senelec qui vont subir une hausse de 10%. Ce sont ces gens-là qui ont des congélateurs, ce sont ces gens-là qui consomment beaucoup d’électricité, qui sont de gros consommateurs, ce sont eux qui vont payer. Voilà pourquoi, ce sont eux qui bougent. Qui sont-ils ? Ce sont des gens liés à des Ong, des professeurs d’université. Il y a eu beaucoup de retraités lors de la marche, mais encore une fois, la manifestation contre la hausse du prix de l’électricité qu’on doit sentir à partir de la fin du mois de février, ce n’est pas cette hausse-là qui les a poussés à bouger. Ce qui les a poussés à bouger, c’est qu’ils ont vu sur leur facture qu’actuellement, les péréquations faites par la Senelec ont alourdi et disent que non il faut enlever ça. Ce n’est pas encore la hausse. Parce que la hausse, elle n’est pas encore effective. Et s’ils seront de faibles consommateurs, ils ne seront pas concernés.

Est-ce que le pouvoir ne peut pas les laisser manifester au lieu de réprimer les citoyens ou emmener certains en prison ?
Le pouvoir les a toujours autorisés à manifester en leur disant, prenez telle direction. C’est eux qui refusent en disant, non nous allons au Palais. Qui va autoriser des manifestants à aller au Palais ? Dans quel pays ? Les gens, on leur a autorisé et disent qu’ils veulent aller au Palais. Ils sont partis et ils ont été pris. Et Guy Marius Sagna, pourquoi il est maintenu ? Parce qu’il a récidivé. Il a été d’abord pris pour avoir organisé une marche là où ce n’était pas autorisé, à Sandaga. Cette deuxième fois, il est parti au Palais. Mais on ne peut pas continuer à défier un pouvoir et les forces de sécurité impunément. Ce n’est pas possible.

Vous pensez que c’est normal aujourd’hui qu’il soit en prison ?
C’est normal et que cela soit une leçon, que les gens sachent respecter les lois et règlements qui leur permettent de manifester pacifiquement. La dernière fois, on leur a autorisé le boulevard, ils sont partis, il n’y a eu aucun problème. Il ne faut pas que les gens fassent de la démagogie. Personne ne leur interdit de marcher.

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