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Hier, des heurts ont failli éclater entre les populations du village de Tobène, situé dans la commune de Méouane, et les Forces de l’ordre venues encadrer l’opération du projet d’extension des Indus­tries chimiques du Sénégal (Ics) dans la zone. Les populations dénoncent le forcing de l’autorité sous-préfec­torale qui veut «im­poser» aux populations des «som­mes dérisoires à l’hec­tare proposées par l’industrie extractive». Inter­pellées, les Ics disent avoir simple­ment «appliqué le barème départemental de la commission compé­tente, présidée par le préfet».

Sulfureux ! Le face-à-face entre les Forces de l’ordre et les populations de Tobène, situé dans la commune de Méouane, montre la tension qui règne dans la zone. A l’origine de la colère des populations, le «forcing» du sous-préfet de Méouane, Ibrahima Ndao, pour délimiter les terres des paysans de cette localité dont les Industries chimiques du Sénégal (Ics) veulent exploiter le sous-sol. Et la goutte de trop a été la mobilisation de plusieurs Forces de l’ordre pour encadrer les opérations. Une situation qui a choqué les paysans qui ont déversé leur colère devant les gendarmes, en refusant de céder leurs champs. Les manifestants dénoncent : «Le problème, c’est que jusqu’à présente, les Ics et les populations n’ont pas encore trouvé de consensus par rapport au barème à payer. Et le sous-préfet, au lieu d’être un bon intermédiaire en gérant le dossier à l’amiable, a voulu faire un forcing. Il a tenté par deux fois et cela a échoué. Mais aujourd’hui (hier), à notre grande surprise, il est venu dans les champs en compagnie de plusieurs pickups remplis de Forces de l’ordre pour intimider les populations. Mais nous avons fait face.» Les populations de Tobène poursuivent pour exprimer leur incompréhension : «D’habitude quand les Ics veulent exploiter les terres d’un village, elles proposent un barème aux paysans et les discussions sont ouvertes pour trouver un consensus.» Mais cette fois-ci, s’offusquent-elles, «les Ics sont venues nous imposer leur barème. Et la somme de 9 millions de francs Cfa à l’hectare qu’elles nous ont proposée est dérisoire. Nous n’allons pas accepter cela, quitte à y laisser notre vie. Et nous allons poursuivre à défendre nos intérêts jusqu’au dernier souffle». Pour régler le problème, les populations de Tobène ont demandé le départ du sous-préfet. Elles refusent que «cette autorité soit notre intermédiaire auprès des Ics».
Interpellées, les Ics précisent que les champs en question se trouvent dans le domaine minier et qu’elles ont le droit de les exploiter. «Le fond du problème, ce que les populations ne disent pas, c’est qu’elles veulent la même indemnisation à hauteur de 17 millions de francs à l’hectare que les populations de Mbar Diop et Mbar Ndiaye, délocalisées à Pire par les Ics. Lesquelles populations avaient implanté dans leurs champs des arbres fruitiers», dit-il. Par contre, «les terrains des populations de Tobène sont nus». Selon les Ics, «les deux indemnisations ne peuvent pas être les mêmes. Les populations qui ont des manguiers et autres anacardiers dans leurs terrains gagnent plus que celles qui ont des terrains nus, même si elles ont la même superficie». En tout cas, les Ics ont tenu à faire savoir qu’elles ont appliqué «le barème départemental de la commission compétente présidée par le préfet». Lequel barème, disent-elles, «est applicable dans toutes les communes du département e Tivaouane. Et il est meilleur que le barème que l’Etat propose parce qu’il est consensuel». Les Ics désapprouvent la méthode utilisée par les contestataires : «A chaque fois qu’on doit exploiter des terres, on demande au sous-préfet d’aviser les populations par rapport aux hectares dont on a besoin. Et à Tobène, on a besoin 6ha. Et normalement, le projet impacte au maximum dix personnes.»

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