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Indicateur à la gendarmerie de la Foire, le sieur Ibrahima Ndiaye a été condamné hier par le Tribunal départemental d’instance de Dakar à un an de prison ferme pour vols multiples. Il avait subtilisé deux scooters saisis par les hommes en bleu pour ensuite les revendre dans le marché noir.

L’indicateur de la Brigade de gendarmerie de la Foire est tombé. Infiltré dans les milieux de délinquance, de trafic de drogue, il était censé être les yeux et les oreilles des hommes en bleu. Ibrahima Ndiaye, s’acquittant «bien» de son job dans le renseignement, a fini par gagner la sympathie du commandant de brigade et de ses éléments. Il a alors mis à profil cette confiance pour commettre un forfait dans un lieu dont il connaît les coins et recoins.
Tout est parti d’une opération de sécurisation menée à la veille de la Tabaski par la brigade de Ouakam. Comme en de pareilles circonstances beaucoup d’engins sont immobilisés pour défaut de pièces, c’est ainsi que des scooters ont été convoyés à la brigade de la Foire pour y être gardés. «Ndiaye Gendarme» a alors mûri un plan pour faire disparaître deux motos saisies et stationnées dans l’enceinte.
Un vendredi au moment du déjeuner, il est parvenu à déjouer les attentions. Il subtilise les scooters avant de les écouler dans le marché noir à de «vils prix». Dans l’intervalle d’une journée, le prévenu vend son butin au nommé Pape Moussa Dione à 1 million 200 mille francs Cfa. Selon l’acolyte Dione, quand l’indicateur s’est présenté à lui, il s’est fait passer pour un gendarme. Pour l’amener à acheter les motos sans papier, dit-il, Ibrahima Ndiaye lui aurait dit qu’il s’agissait de scooters que la gendarmerie a mis en vente aux enchères. A la barre, le mis en cause n’a pas cherché à contester les faits. «Je suis outré et scandalisé par le comportement de Ibrahima Ndiaye», s’indigne le procureur. Pour lui, les faits de vol ne souffrent d’aucun doute. Selon lui,  le jeune homme s’est toujours présenté comme un homme de tenue pour spolier d’honnêtes citoyens. Au président de séance, il dira : «Il ne faut pas accepter que des gens comme Ibrahima Ndiaye jettent l’opprobre sur un corps d’élite.»
Pour la peine, le ministère public a requis 2 ans ferme contre le «faux gendarme». Il a demandé une condamnation à 3 mois ferme pour Pape Moussa en disqualifiant le délit de complicité en recel  car, soutient-il, dans cette affaire aucun élément du dossier n’atteste le rôle de complicité joué par celui-ci. Pour les avocats de Pape Moussa, leur client n’a pas agi en connaissance de cause. Au contraire, avancent Mes Abou­bacry Barro et Babacar Mbaye, leur client a été de bonne foi  car, disent-ils, il avait restitué les deux scooters aussitôt après. Pour eux, aucune preuve de culpabilité ne pèse sur lui. Pour cette raison, la défense a plaidé la relaxe purement et simplement. A défaut, elle a demandé la relaxe au bénéfice du doute ou encore une application extrêmement bienveillante de la loi pénale.
Dans sa collaboration avec la gendarmerie, Ibrahima Ndiaye a commis d’autres erreurs. Sa voisine, Madame Seck, en a aussi payé les frais. Grâce à sa qualité de gendarme usurpé, il va gagner la confiance de la dame qui va lui confier sa chambre. Devant les juges, elle  dit avoir été victime de vol de la part de Ibrahima Ndiaye. Le butin estimé à 156 mille francs Cfa est composé de play-station, des habits et du parfum. Selon les déclarations d’autres plaignants, l’indicateur a usé d’un pistolet pour les intimider chez eux. Il a catégoriquement nié l’accusation selon laquelle il se faisait passer pour un gendarme. Quant à l’arme qu’il aurait sortie, Ibrahima Ndiaye dit qu’il s’agit d’un briquet qu’il s’est procuré à Colobane à 3 mille francs Cfa. Il a été reconnu coupable et condamné à 1 an d’emprisonnement ferme. Il doit par la même occasion payer la somme de 156 mille francs Cfa à Mme Seck pour réparation. Pape Moussa Dione a écopé de 2 mois ferme pour recel.
msakine@lequotidien.sn

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