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Poursuivis pour les délits d’«association de malfaiteurs et abus de confiance», les nommés Boubacar Kanté et Yérim Ibrahima Mbaye vont être condamnés à 6 mois de prison ferme si le Tribunal suit le Parquet. Ils ont été présentés au juge des flagrants délits hier.

Le nommé Boubacar Kanté et son coprévenu Yérim Ibrahima Mbaye risquent 6 mois de prison ferme. Ils ont été présentés hier au juge des flagrants délits du Tribunal de grande instance de Dakar pour répondre des délits d’«association de malfaiteurs et abus de confiance». Il s’agit d’une affaire de sortie de containers au port de Dakar dont la procédure n’a pas été respectée, selon l’Administration de la douane, qui est à l’origine de leur arrestation. En effet, le commerçant Abou Khol avait collaboré avec le nommé Boubacar Kanté pour que ses bagages sortent du port. Pour le service, celui-ci qui se serait présenté au commerçant comme un transitaire lui avait réclamé la somme de 57 millions de francs Cfa. Le commerçant a avancé le montant de 53 millions de francs Cfa. Et c’est lorsque la douane a effectué une descente dans son entrepôt que M. Khol s’est rendu compte qu’il a été roulé dans la farine par M. Kanté. Pour se tirer d’affaire, il lui a fallu débourser plus de 60 millions de francs Cfa en guise de pénalité pour le compte de la douane. C’est ainsi que le commerçant a décidé de porter plainte.
A la barre, Boubacar Kanté a déclaré qu’il s’est présenté à M. Khol comme un informaticien et non un transitaire. Paradoxa­lement, M. Kanté reconnaît sa qualité de directeur général de la société Transit logistique géo Sénégal. Ne disposant pas d’agrément de douane, explique Boubacar, il s’est ouvert à Yérim I. Mbaye à qui il a remis la somme de 43 millions de francs Cfa des 53 millions qu’il a reçus. Alors que le sieur Mbaye dit n’avoir reçu que 31 millions de francs Cfa.
Dans son réquisitoire, le procureur a estimé que «l’infraction est constituée», car pour le maître des poursuites, les prévenus se sont arrogés «d’une fausse qualité qui a déterminé une remise». Et pour parvenir à leurs fins, dit-il, les deux mis en cause ont établi une entente. Sur les infractions, le ministère public a demandé la requalification des faits en escroquerie pour le cas de Yérim Ibrahima Mbaye. Et pour la peine, il a requis 6 mois d’emprisonnement ferme. Pour le coprévenu Mbaye, il a retenu la requalification des faits en abus de confiance avec la même peine.
Auparavant, Me Amadou Diallo de la partie civile a soutenu que «Boubacar Kanté n’a pas l’agrément. C’est une manœuvre machiavélique visant à tromper» lorsqu’il a fait croire qu’il est transitaire. Pour Yérim Mbaye qui a reconnu qu’il est déclarant en douane et non un transitaire, de l’avis de l’avocat, «tous les deux ont usé d’une fausse qualité». La robe noire a expliqué que le Tribunal a affaire à des gens «rusés, malins». Parce que, dit Me Diallo, les deux ont fait croire à son client qu’ils disposeraient d’exonération douanière. Alors, pour toutes causes et préjudices subis, la partie civile a réclamé la somme de 100 millions de francs Cfa en guise de dommages et intérêts.
La défense a sollicité, elle, la relaxe de ses clients. Elle estime qu’à «aucun moment, il n’y a eu une malversation de la part des prévenus. La douane a permis une levée partielle avec le régime S 300. Ils ne se sont pas associés pour commettre un délit» comme le prétend le Parquet. Le délibéré est fixé au 19 juillet.
msakine@lequotidien.sn

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