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Nour Eddine Saïl, président de la fondation du Festival du cinéma africain de Khouribga : «Rien dans le cinéma ne pousse à la fête»
«Aujourd’hui en cette 20e édition du Fcak, nous sommes censés fêter le 40e anniversaire de cette rencontre aléatoire. Mais à vrai dire, pour peu que l’on fasse preuve de bon sens sinon de lucidité, rien dans le cinéma ne pousse à la fête. A l’échelle continentale, la quantité des films produits annuellement est plutôt insignifiante comme l’est le parc des salles et des écrans. Il en va de même des politiques étatiques concernant nos cinématographies nationales, politiques sans vison d’ensemble, sans continuité et sans réelle volonté ; le tout servi avec une verbosité allègrement irresponsable. Et cela fait donc 40 ans que nous sommes des dizaines, des centaines, des milliers, que dis-je ?, des centaines de milliers d’hommes et de femmes à pousser le rocher du cinéma africain… pour rien, ou pour si peu. Mais continuons de tirer des salves d’avenir comme disait le poète, cela finira un jour par faire sens. Et ce sera peut-être enfin la fête !»

Baba Diop, Journaliste, critique de cinéma : «L’esprit de Khouribga m’emballe»
«L’esprit de Khouribga m’emballe, celui d’être un festival à nul autre pareil qui, s’appuyant à ses débuts sur le format ciné-club, n’a pas vendu son âme pour devenir un festival glamour. Il a su conserver cette identité au fil du temps, proposant à un public de nuit, plus qu’amoureux de cinéma, l’opportunité de disséquer des films dont les auteurs ont à cœur d’ouvrir des horizons nouveaux que d’être de bons élèves dans l’art de réaliser un film… Point d’étroitesse d’esprit à Khouribga…»

Aboubacar Demba Cissokho, Journaliste, critique de cinéma
«Ce festival est un lieu de mémoire d’une importance certaine pour le cinéma»
«…Dans un contexte où le soutien à la culture est de moins en moins affirmé et affiché ailleurs, le Fcak est le symbole de ce qui peut être réussi quand une entreprise publique, en l’occurrence l’Office chérifien du phosphate (Ocp), concrétise sa responsabilité sociale par un appui conséquent au programme établi. Khouribga c’est d’abord une famille…, un lieu de réflexion sur la pérennité de la production, un cadre de discussions saines et passionnés entre gens qui se connaissent et ayant le même amour du 7e art. Khouribga est une rencontre essentielle dans un pays assumant sa triple identité, méditerranéenne, arabe et africaine. Ce festival peut, comparé à d’autres manifestations cinématographiques, paraître «petit» par la taille, mais par son contenu et son identité, il est un lieu de mémoire d’une importance certaine pour le cinéma».

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