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Moussa Touré, réalisateur de «Bois d’Ebène» : «Je suis convaincu que le Sénégal aura un prix»
«Je suis venu au Fespaco avec un documentaire. Il y a quelques années quand je recevais l’Etalon de bronze ici, j’avais présenté une fiction. Et là, je reviens avec un documentaire. C’est cela qui est le plus important. Je viens avec une docu-fiction. Et c’est à travers cette progression que les gens se rendront compte de qui je suis réellement. Je présente cette fois-ci une docu-fiction, qui s’intitule : «Bois d’Ebène». Mais en toute modestie, vous ne verrez pas en compétition ici beaucoup de gens, qui font dans ce genre. C’est une leçon pour la jeunesse. Le fait que je sois dans la fiction et dans le documentaire est très important. J’ai eu beaucoup de prix avec la fiction. «La pirogue» qui a gagné beaucoup de prix dans des festivals. Mais je dois dire que je ne reviens pas forcément pour gagner un prix. Je suis stressé à l’heure où je vous parle. Parce qu’il y a une jeunesse qui va regarder mon film ce soir et qui va le juger. Donc cela me stresse. Aujourd’hui, c’est l’Afrique qui me regarde à travers mon film. Et c’est cela qui est important pour moi. Car, je ne suis pas là pour un film. Je ne voulais même pas postuler avec mon dernier film pour le Fespaco. C’est Soma qui m’a demandé de m’inscrire… Je suis persuadé tout de même que le Sénégal aura un prix. Je ne sais qui ni où on aura le prix, mais le Sénégal aura un prix. Car nous sommes un cinéma désormais en marche. Alain Gomis a montré la voix avec son dernier trophée… Je pense à William Mbaye qui est également en compétition. Nous sommes amis, de la même génération. Nous ne faisons pas de films pour remporter des prix. Mais j’ai beaucoup de respect pour le travail de William… Je crois que Alain (Ndlr : Alain Gomis) comme nous est un perfectionniste. Quoi qu’on puisse dire, il est dans une bonne dynamique. Notre secret, c’est le travail. Nous voulons tendre vers la perfection… Et puis, il faut oser le dire, nous avons été façonnés par qui ? Par Sembène, Jonhson Traoré, Ben Diogaye… Moi, j’ai été en compétition avec Sem­bène. Et pendant ce temps, il m’envoyait lui acheter de la cola, car j’étais son petit. C’est cela le cinéma. C’est ça que les jeunes doivent avoir  à l’esprit. Il n’y a pas un problème de génération. C’est une suite… Sembène n’a jamais été mon doyen, il a été mon papa…»

IDRISSA-DIABATEIdrissa Diabaté, réalisateur ivoirien : «Le Fespaco ne permet pas encore de propulser un film»
«Le Fespaco est censé être une vitrine du cinéma africain. C’est inexplicable que peu de films primés lors de ce festival parviennent à percer. Certains films ne sortent même pas en salle, c’est un drame ! Le Fespaco ne permet pas encore de propulser un film. Dans les années 70, ceux qui ont initié le Fespaco, c’est à dire le Sénégalais Ousmane Sembène, l’Ivoirien Timité Bassolé ou encore Jean Rouch voulaient que les films soient projetés dans les quartiers pour que le public participe. Mais cette idée a plus ou moins été trahie : le public reste à l’écart du festival et ne s’identifie pas aux films.
Aujourd’hui, le public reste à l’écart du festival et ne s’identifie pas aux films. Le mode de sélection peut aussi expliquer le problème. Le délégué général du Fespaco est un fonctionnaire, il est choisi par le Conseil des ministres. Tout cela fait que le Fespaco est en quelque sorte une institution bureaucratique, dont la sélection est aussi politique…
Il y a deux ans, j’ai fait un documentaire sur la crise en Côte d’Ivoire intitulé : «Ivoire clair». Je l’ai envoyé à Ouaga, mais on m’a répondu que nous étions en période de réconciliation et que ce film pouvait difficilement être retenu.»

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