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Youssou Ndour, chanteur : «Que son héritage soit une référence»
«Ablaye Mbaye avait beaucoup de talent et était très intéressé par le développement de la musique. Il y avait beaucoup de variétés dans ce qu’il faisait, en ce sens que chacun de ses albums était différent du précédent. Il a essayé beaucoup de choses bien avant les autres artistes. Aujourd’hui (hier) on peut dire qu’il a bien joué sa partition, laquelle restera toujours dans les mémoires. Il faut veiller à ce que cet héritage soit une référence pour les plus jeunes.»

Dr Massamba Guèye, conseiller à la présidence de la République : «Il aurait dû mériter un sort professionnel plus important»
«Il pouvait se mouvoir dans tous les espaces. A chaque fois qu’il arrivait dans un cercle, c’était lui le boute-en-train. C’est lui qui déclenchait la bonne humeur. C’était quelqu’un qui reconnaissait les gens au timbre de leur voix et qui ne se trompait jamais. C’est une perte exceptionnelle. Ablaye Mbaye était un homme ouvert. Un homme qui avait suffisamment de ressources humaines et sociales. Et les gens de Fass peuvent en témoigner, ceux avec qui il a grandi. Nous l’avons vu grandir dans ce quartier. Ablaye Mbaye fait partie pour moi de ce qu’on appelle les mémoires de ce pays. Ce qui compte ce n’est pas l’âge qu’on a mais l’âge qu’on fait. Ce qui compte pour un artiste, c’est l’œuvre laissée. Ablaye a laissé une œuvre colossale. Il est mort en studio, dans le cadre de son travail. Cela veut dire que jusqu’au dernier souffle de sa vie, il était dans la qualité. On parlait récemment de la qualité de ses textes. Il faut qu’on apprenne à respecter les artistes quel que soit leur âge avant qu’ils ne partent. Il faut les honorer de leur vivant. Ablaye aurait dû mériter un sort professionnel plus important que cela, du fait de sa trajectoire.»

Dj Prince, animateur à la Rts : «Ablaye pensait pouvoir remplacer Youssou Ndour»
«Ablaye était une valeur sûre de la musique sénégalaise. Il était quelqu’un qui aimait ce qu’il faisait. Il était quelqu’un qui a beaucoup fait pour la musique sénégalaise. Il était un perfectionniste. Quand il était en studio, il pouvait rester pendant 2 ou 3 ans à travailler sur un morceau ou deux. Il voulait bien faire les choses. Il remettait toujours en cause ce qu’il faisait. C’est une perte, le monde des artistes a perdu un grand artiste certes, mais c’est la Urban music qui a perdu. Il avait un pas vers cela. Il m’a dit il y a à peu près 2 mois «Grand, j’ai une autre vision de la musique».  Il pensait s’ouvrir à d’autres univers. En plus de cela, c’était quelqu’un qui pensait qu’un jour il pourrait être à la place de Youssou Ndour. On a perdu une valeur.»

Idrissa Diop, chanteur  : «Il était un homme bien»
«Ablaye Mbaye, c’est moi qui l’ai baptisé. Aladji Dame, son père, était comme un grand-frère, un frère qui nous a accompagné quand on était jeune. Son père est décédé il y a moins de deux mois. Il était généreux, un homme bien. Je suis très ému aujourd’hui. Il était mon fils et un homme bien.»

Yoro Ndiaye, chanteur : «On n’arrive pas à réaliser ce qui est arrivé»
«Je ne peux pas dire grand-chose. Je peux juste vous dire que ça a été brutal et surprenant. Autant sa famille a perdu aujourd’hui un de ses membres, autant ses amis ont perdu, la musique sénégalaise. Chacun d’entre nous avait une relation particulière avec lui. On n’arrive toujours pas à réaliser ce qui est arrivé.»

Fallou Dieng, chanteur  : «Ablaye n’avait d’égal pour son oreille musicale»
«C’est une grosse surprise pour nous. Nous étions ensemble au Grand-théâtre vendredi dernier. Nous étions également ensemble dimanche soir au Taïf. Nous avons dîné ensemble. Il était très proche de nous. Nous passions beaucoup de temps au Taïf. Il était comme un petit frère pour moi. Il était intelligent et bien éduqué. C’est une très grande perte pour la musique sénégalaise. Je ne sortais jamais d’album sans le lui faire écouter. S’il le validait, je me disais que j’avais bien travaillé. Tout le monde n’a pas une oreille musicale. Il n’avait pas d’égal sur ce plan.»

Papa Amdou Fall du groupe Pape et Cheikh : «Il était d’une grande âme»
«C’est Dieu qui en a décidé ainsi, on s’en remet à Lui, bien que ce soit dur. Ma relation avec Ablaye Mbaye dépassait le seul cadre de la scène musicale. Il était là à  chaque fois que je jouais en live les vendredis, samedis ou dimanches. Il avait bien son propre groupe, mais faisait partie de celui de «Pape et Cheikh». C’était quelqu’un de bien simple avec qui on a partagé plein de choses. Il nous quitte de façon prématurée, mais ses talents étaient inestimables. Beaucoup de grands artistes se référaient à lui pour composer leurs morceaux. Il ne voyait rien, il lui suffisait juste d’entendre. Il était d’une grande âme.»

Demba Guissé, artiste chanteur: «Ablaye aimait partager»
«Ablaye Mbaye est l’ami de tous les artistes. C’est à travers ses chansons que j’ai appris à chanter. Cela remonte à 1994. Je fréquentais sa maison et lui faisait pareil. L’annonce de son décès m’a trouvé en plein travail et m’a profondément attristé. J’ai tout arrêté pour venir. Ablaye était sympathique avec tous. Nous nous sommes vus juste avant le décès de son père, il y a environ 40 jours et nous avions prévu de mener beaucoup de projets ensemble. Il était l’un des artistes qui a fait le plus de duos avec les musiciens, parce qu’il aimait partager.»

Baydi de Bidew bou bess : «Il était la bonté personnifiée»
«C’est douloureux ! La musique a perdu, le monde a perdu. Ablaye Mbaye incarnait les valeurs cardinales d’une personne bien. Je peux témoigner qu’il était la bonté personnifiée, nit kou nitté leuwone (il était d’une générosité d’âme). On se connaît depuis plus de 17 ans, 18 ans, pour avoir démarré ensemble et avoir été produits en même temps à Jololi. C’était en 1999, on était très jeunes à l’époque et on était tout le temps ensemble. Il était aussi de notre génération, nous avons entretenu des liens étroits. Il avait un profond respect pour moi et pour le groupe Bidew bou bess. Aujourd’hui (hier), les cœurs sont lourds. Un grand homme est parti.»

Guissé Pène, Sg de l’Ams : «Une lourde perte»
«On se retrouvait tous les jours au Taïf chez Jules Guèye jusqu’à 5h du matin. La preuve, la veille on y était jusqu’à cette heure. Il devait sortir son album ce 4 février, c’est-à-dire dans quelques jours. Il était juste allé faire les derniers réglages pour un titre que je lui avais personnellement conseillé : un hommage à son père. L’album devait être intitulé Intérêt général. C’est pour dire la dimension de l’homme, sa générosité, son combat pour la vie. C’est une lourde perte.»

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