PARTAGER

Moussa Touré, cinéaste : «Je compte faire un film sur Johnson Traoré, l’oublié
«Je compte faire un film sur Johnson Traoré, parce que c’est un oublié alors que, cinématographiquement, Johnson était à peu près le rival de Sembène. C’est lui qui m’a amené à faire du cinéma. Il était moderne ce type-là, alors que Sembène avait un cinéma ancré. Beaucoup de gens qui parlent des autres, je ne sais pas comment ils les ont connus. J’ai connu Sembène pendant 25 ans. Il m’a beaucoup parlé, j’ai vu ses films. Pour vous donner un exemple, le dernier qu’il devait faire, Samory, un jour en discutant je lui ai dit de faire son film en studio.
Un matin, il m’a appelé pour me dire : «Tu m’as dit qu’on peut faire un film en studio.» Il m’a demandé de lui montrer le studio. Donc, mon dernier voyage avec lui c’était à Saint-Louis pour lui montrer dans un hangar, comment on pouvait faire un film. Et puis Sembène, révolutionnaire, un jour il m’a dit : «Tu sais Moussa, Senghor n’est pas plus célèbre que moi.» Je lui ai dit mais pourquoi ? Il me répond : «Parce que je suis resté là.» Il fait partie des cinéastes qui sont restés là au Sénégal jusqu’à la fin de leur vie. C’est ça Sembène !
Les gens ont toujours un regard, mais le regard diffère. Même si le regard afro-américain, je ne sais quoi, c’est différent de mon regard, si je dois parler de Sembène, je parlerai de Sembène qui était en haillons. J’ai bien dit haillons. Parfois, il portait des vêtements déchirés et je lui disais : «Papa mais pourquoi… ?» Et il répondait : «Est-ce que c’est ça le plus important dans la vie ?» C’est ça Sembène. Ce n’est pas ce qu’ils disent.»

Kémi Séba sur la projection mercredi de L’orage africain : «Amoussou risque de provoquer un orage au sein des multinationales…»
«L’orage africain du réalisateur béninois, Sylvestre Amous­sou, est le film afro le plus subversif des dernières années. Et peut-être même de l’histoire», avait réagi Kemi Séba à la sortie du film. Mercredi soir après sa diffusion officielle au Fespaco, c’était un standing ovation. Le public a apprécié l’œuvre. C’est le moins que l’on puisse dire.
Certains cinéphiles européens étaient presque assommés avec les vérités fortes que livre le film. Kémi Seba l’avait dit : «Il est probablement le dernier génie du cinéma africain, le plus subversif aussi sans doute. Le moins corruptible. Sylvestre Amoussou, auteur entre autres du classique African Paradise, risque de provoquer un orage au sein des multinationales et autres chancelleries occidentales». «L’Orage africain, œuvre cinématographique révolutionnaire qui nous conte le parcours d’un Président africain qui décide de nationaliser toutes les entreprises de son pays tout en disant aux oligarques occidentaux que notre Terre Mère ne sera plus jamais braquée…S’en suivra une Histoire terrible, terriblement véridique, terriblement africaine», narrait-il dans un post sur sa page facebook.
Pour beaucoup de cinéphiles, Amoussou Sylvestre mérite de monter sur les marches du Fespaco, même si ce n’est pas pour la récompense suprême. Son film est d’une actualité brûlante et d’une profondeur exceptionnelle. Il faudrait que ce film soit diffusé dans tous les pays d’Afrique et qu’il soit vu par tous nos dirigeants.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here