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A Ndoumbélane depuis hier soir, le débat est interminable. On cogite, on discute sur la parole du chef. Le chef a parlé, mais n’a pas rassuré. Le Peuple a peur, le coronavirus est au cœur de la cité. Au Service des maladies infectieuses et tropicales de l’un des hôpitaux de la capitale, le temps d’une petite pause, on avait bien écouté le gardien de la Constitution. Le sentiment général qui anime le Peuple depuis est très loin de ce que l’on peut imaginer à l’intérieur du service dirigé par celui que l’on nomme tout simplement Professeur. Rien n’a changé, on continue de travailler le plus sereinement du monde. On soigne, on soulage. Les équipements de protection n’enveloppent aucun sentiment de déception ou de regret. Le Prof et ses hommes sont conscients de leur mission et de leur destin lié à un virus qui est venu de très loin et dont le Peuple doit maintenant apprendre à vivre avec, a dit le grand patron, le guide de Ndoumbélane.
Le Prof et ses hommes dans la capitale, comme leurs collègues à l’intérieur du pays, comprennent aisément le chef de Ndoumbélane. Les missions ne sont pas les mêmes. Il leur appartient de soigner, de se battre avec force et abnégation avec les moyens à leur disposition pour soigner. Rien de plus. Ils ne gèrent pas comme le grand chef des pressions et des complaintes, des débordements qui peuvent surgir à tout moment d’un Peuple à bout de souffle.
Un saut à la maison pour recharger les batteries, le Professeur du Service est interpellé par un de ses enfants. Papa, est-ce qu’on va vers la catastrophe ? Je ne sais pas mon fils, je ne le souhaite pas. Mais nous, on va travailler jusqu’au bout en espérant que le Peuple va continuer de suivre les recommandations pour faire face au coronavirus. Dans le salon, madame qui suivait une émission sur «Mbass-mi  TV» tombe sur un expert qui parle de la bonne option de laisser circuler le virus.
Elle interpelle son homme, c’est ce qu’on a décidé de faire non ? Ma chérie, répond le Prof, le plus important ce n’est pas ces débats d’école, il en sera toujours ainsi entre spécialistes de différentes questions. L’essentiel c’est de venir à bout de ce virus qui nous empêche tous de vivre correctement, comme il m’empêche depuis quelque temps de passer des bons moments avec vous.
Dans sa chambre pour quelques minutes de sommeil, le Professeur a le cœur apaisé avec la compréhension de sa famille. Il souhaite qu’il en soit ainsi dans tout Ndoumbélane.
Dans un sommeil un peu profond, il fait un rêve. C’était la fin de la pandémie. Les malades sont tous sur le point de rentrer chez eux. Avant le point du jour à 10h, la population en liesse manifeste un peu partout dans le pays. Le guide de Ndoumbélane va parler au Peuple ce soir avant de recevoir le lendemain l’équipe du Professeur et tous les combattants qui ont mené la guerre contre le coronavirus. La vie devient totalement comme avant à Ndoumbélane. Le Prof se réveille brusquement, en se préparant pour retourner au boulot, son ultime conviction était : le rêve peut devenir réalité…
Ndiaga DIOUF Journaliste

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