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«Le Sénégal, face l’épreuve du coronavirus, a jusqu’ici vécu un exercice réussi de concertation sous le leadership éclairé du président de la République, M. Macky Sall. Il faut féliciter le chef de l’Etat. Mes propos ne sont pas ceux d’un institut de sondage, ni d’un chercheur qui mène des enquêtes avec une méthodologie scientifique rigoureuse de collecte des données. Je suis un imam qui, chaque jour, dirige plusieurs prières dans une mosquée et qui échange quotidiennement avec les fidèles sur la situation actuelle dans notre pays. Je me tiens ainsi informé des points de vue, des perceptions et de l’évaluation de la situation par les nombreuses personnes que je croise.
En ce qui concerne la gestion du coronavirus, les  pratiquants musulmans que je côtoie semblent fortement approuver la manière dont le chef de l’Etat, le ministre de la Santé, M. Abdoulaye Diouf Sarr, le ministre de l’Intérieur, M. Aly Ngouille Ndiaye, ainsi que toutes les structures qui les accompagnent  ont géré et gèrent présentement la situation. Il ressort que le Président Macky Sall s’est révélé être le chef qui est attendu dans de telles circonstances.
En tant qu’imam, je suis particulièrement heureux de constater que les décisions jusqu’ici prises par l’Etat ont été appuyées par la très forte majorité des leaders religieux de toutes les confessions. Les leaders religieux musulmans ont exprimé combien l’islam a été une religion du temps du Vénéré Prophète Mohamed (Psl) mais aussi combien il véhicule une parole ouverte pour s’inscrire dans notre temps et dans tous les temps.  Les interprétations en­ten­dues, tirées du Coran et de la sunna, nous renvoient bien sûr à des fondamentaux qui sont les piliers de la foi mais elles disent aussi l’intelligence islamique de modulation des normes reliées à la pratique des fidèles et aux actes cultuels selon les contextes. Les questions que nous nous sommes posées sont les suivantes : que dit l’islam, que disent le texte et la sunna, que nous disent les fatwas des grands savants de l’islam lorsque des situations exceptionnelles, des situations inédites se présentent, qui empêchent d’effectuer les pratiques selon nos habitudes communément admises ? La réponse : reconnaître toujours qu’Allah est Le Maître des destins mais qu’Il accorde une attention toute particulière aux contextes et à la sacralité de la vie humaine.
Avec la concertation sagement orchestrée par le Président Macky Sall qui a débouché sur des propositions qui ont reçu l’adhésion des chefs religieux, des croyants et au-delà de tous les Sénégalais, il se dégage que l’islam n’est pas une religion figée mais plutôt qu’il est habité par un fort potentiel d’ajustement qui lui permet de ne pas enfermer les croyants dans l’inacceptable ou l’impossible.
Nous sommes en train de vivre un formidable mouvement de convergence des idées et je prie pour que cela continue durant toute cette épreuve. Ainsi, une rencontre féconde entre les connaissances issues des sciences médicales, de leurs modes d’observation et de gestion des épidémies, l’attitude responsable d’un Etat républicain, debout au service de tous et du bien-être public, les interprétations contextualisées des directives de l’islam mais aussi du christianisme, l’attachement des Sénégalais et des leaders politiques, au-delà des appartenances idéologiques, à l’esprit patriotique, à la citoyenneté et aux valeurs de solidarité. Voilà des éléments essentiels à consolider pour gagner le combat contre le coronavirus. Nous vaincrons avec l’aide de Dieu, avec les prières, mais aussi avec la prise en charge des connaissances actuelles de conduite des sociétés modernes de pluralisme entraînées dans la mondialisation, sociétés dans lesquelles les découvertes scientifiques et techniques, l’ère du numérique, les mutations sociales, économiques et culturelles, les nouvelles exigences éthiques interpelleront quotidiennement nos modalités de lecture du monde et de ses événements.
Il faut reconnaître que les défis demeurent. Le virus se tropicalise et continue sa progression. La mobilisation ne doit pas s’essouffler et nous devons être conscients que l’ennemi est d’une extrême agressivité et sournoiserie. Nous avons déjà beaucoup appris sur lui mais il reste beaucoup à connaître pour le maitriser. Le volontarisme affiché par le président de la République, monsieur Macky Sall, est inspirant et lors du Conseil des ministres de ce 18 mars, il nous a encore rappelé nos obligations qui consistent à «partager les directives, les attitudes individuelles et collectives responsables et la solidarité pour bouter dehors le coronavirus» et ainsi éviter sa propagation. Malgré les ravages que ce virus produit comme l’attestent les événements en Chine et aujourd’hui en Italie, l’espoir de le ralentir et même de le stopper n’est pas infondé comme en témoignent les inversions prometteuses observées en Chine et en Corée du Sud.
Le défi de la concertation et de cohésion nationale consiste aussi à réaffirmer les valeurs de la République une et indivisible, de la citoyenneté ainsi que le rôle important des faits scientifiques face à quelques interprétations obscurantistes, provocatrices et même fanatiques de l’islam. Il revient également à l’Etat de continuer de parler clair et vrai aux citoyens afin qu’ils puissent suivre, comprendre et se préparer au lendemain. Il ne s’agit pas ici d’ajouter de l’angoisse à l’angoisse mais la population doit savoir que cette pandémie qui frappe le monde aura des impacts économiques partout et que le Sénégal n’y échappera pas. Le gouvernement aura peut-être à faire des ajustements dans ses projets, ses priorités économiques et sociales et ses projections.»

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