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La grève de 72 jours décrétée avant-hier par les travailleurs de la justice a perturbé le fonctionnement du service de la justice. Au Palais de Justice Lat-Dior de Dakar, l’administration tout comme les juridictions ont été complètement paralysées au grand dam des justiciables et des usagers. Toutes les personnes venues chercher des casiers judiciaires sont retournées bredouilles. De même, le Tribunal des flagrants délits, qui était la seule juridiction hier à fonctionner, a terminé ses audiences plus tôt que d’habitude. La raison, la majeure partie des avocats ont préféré renvoyé leurs dossiers malgré la présence d’un greffier ad hoc. «Il est préférable de renvoyer les dossiers à une date ultérieure», a dit un avocat sous le couvert de l’anonymat. En fait, les robes noires craignent de ne pas pouvoir disposer de la décision de justice après le jugement. Car «seuls les greffiers sont habilités à signer les décisions de justice», a confié notre interlocuteur.
De l’avis de l’avocat, «l’Etat doit satisfaire les demandes des greffiers». Mais malheureusement, dit-il, les autorités accordent plus d’importance aux politiciens qu’aux enseignants et aux greffiers. «Regardez la situation des enseignants. Comment un politicien peut-il être mieux payé qu’un enseignant ?», s’est-il demandé.
Les seuls dossiers retenus par le juge portaient sur l’offre et la cession de chanvre indien. Cepen­dant, il faut noter que seuls deux avocats ont plaidé leur dossier. Le renvoi des affaires plus sérieuses ayant facilité la tache au juge, les jugements sont allés très vite. Pour l’audience qui a débuté à 9 heures, le rôle du jour a été épuisé à 11h 58 mn. Au moment où le Parquet requérait l’application de la loi après de brefs débats d’audience, le juge distribuait à l’encontre de ces usagers de chanvre indien des peines allant de 15 jours à 1 mois.
justin@lequodien.sn

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