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Quelques mois après son adoption, le free roaming a déjà un impact considérable sur le volume de communications dans les pays adhérents. Selon le Directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), Abdou Karim Sall, le volume a augmenté de 600 à 700%.

Le free roaming est en application dans la région ouest-africaine depuis le mois de mars dernier. Selon le Directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), Abdou Karim Sall, les premiers effets de la mesure se font déjà sentir avec une explosion des appels reçus en roaming. «La première évaluation que nous avons faite il y a quelques mois, nous a permis quand même de constater qu’il y a une augmentation significative du trafic en réception pour ce qui est du roaming de l’ordre de 600 à 700%», note le Directeur général de l’Artp. Selon M. Sall, ces chiffres sont la preuve que le free roaming est important pour nos concitoyens. «C’est important pour nos concitoyens de pouvoir se déplacer librement et d’effectuer des communications sans être surtaxés», estime M. Sall, qui s’exprimait hier en marge d’une cérémonie de signature du protocole d’adhésion de la République du Bénin au free roaming. Pour l’heure, les pays signataires de cet accord ont décidé de maintenir le plafond de gratuité à 300 minutes. «Cette question pourra également être redressée pour vérifier qu’il ne faut pas mettre le curseur plus haut compte tenu des besoins en communication de nos concitoyens», souligne M. Sall. L’évaluation a également mis en lumière qu’il y avait des points qui méritaient qu’on leur accorde une attention particulière. Il s’agit notamment de la fraude par Sim box, informe M. Sall. Pour le moment, seul le flux voix est concerné. «On ne peut pas démarrer ce projet en embrassant l’ensemble du flux. Nous nous intéressons pour le moment au flux voix et quand on va faire la deuxième évaluation et qu’on sera plus rodé, on va y greffer tout ce qui est internet et données.» Selon Abdou Karim Sall, «il est difficile de trouver des accords avec les opérateurs».
Ce projet de free roaming s’inscrit dans une vision plus globale des pays africains de disposer d’un «one area network», renseigne le Directeur général de l’Artp. «L’objectif final de nos chefs d’Etat est d’avoir le one area network, c’est-à-dire un seul réseau africain. C’est-à-dire que quand un citoyen africain se déplace dans un autre pays, il ne faut pas qu’il sente qu’il change de réseau, mais qu’il reste dans un même espace, un seul réseau. C’est l’objectif que nous vison à long terme.» Pour espérer atteindre cet objectif, il faudra encore intégrer plus de pays dans le projet. Il faut dire qu’actuellement, celui-ci ne concerne, pour la zone de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’ouest (Uemoa), que le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’ivoire et le Togo. En ce qui concerne la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), c’est la Guinée qui s’y ajoute. Hier, le Benin s’y est également ajouté en procédant à la signature de son protocole d’adhésion. Pour ce nouvel entrant, les mêmes règles vont s’appliquer à savoir la réception gratuite des appels à l’entrée, la facturation du roamer au tarif local du pays, et l’engagement du signataire à lutter efficacement contre la fraude dans les terminaisons et à tout mettre en œuvre pour identifier ses abonnés. Dans les pays où il y a la surtaxe sur les appels entrants, M. Sall souligne qu’il a été recommandé que ces pays puissent lever la surtaxe sur les appels en itinérance.

mamewoury@lequotidien.sn

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