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«Les opportunités du tourisme après la Covid-19» : Ce thème a réuni ce samedi, à Thiès, des voyagistes, hôteliers, étudiants, consultants, artisans… Une occasion pour Doudou Gnagna Diop, président de l’Organisation nationale pour l’intégration du tourisme sénégalais (Onits), de plaider pour le développement du tourisme local qui, selon lui, est plus profitable à l’économie nationale.

Le débat sur l’impact du tourisme sur le principe de la réciprocité, qui sera applicable à tous les Etats ayant fermé leur espace aérien aux Sénégalais et appliquée par le Sénégal, est l’occasion pour le président de l’Organisation nationale pour l’intégration du tourisme sénégalais (Onits) «d’ouvrir les yeux et d’orienter le secteur du tourisme vers une autre dimension beaucoup plus profitable à l’économie nationale avec l’implication de tous les acteurs». Doudou Gnagna Diop, qui animait samedi, à Thiès, une conférence sur le thème «Les opportunités du tourisme après la Covid-19», dénonce la gestion du tourisme de manière «exogène». «Depuis 40 ans, nous le combattons parce que nous ne devons pas prendre tout notre secteur touristique et l’accrocher sur les épaules de l’exogène. Le constat est que 80% des investissements et 80% des clients également viennent de l’exogène. Donc si un jour nous avons des crises sanitaires comme quand il y avait l’épidémie d’Ebola et aujourd’hui la pandémie de coronavirus, forcément on va tomber sur ces problèmes, s’il n’y a pas de compromis entre l’Europe et le Sénégal. Donc cela veut dire qu’on va dans un chemin où il n’y aura plus de touristes», s’offusque l’expert en tourisme durable, qui plaide pour le développement du tourisme à l’intérieur du Sénégal. Aussi propose-t-il «la relance du secteur du tourisme avec des produits de substitution». Pour lui, «le Sénégal ne pourra plus rester dans la léthargie du développement du secteur que nous avons vécue ces 20 dernières années. Ce n’est plus possible». Il pense qu’«il faut des initiatives, de l’innovation et de l’audace parce qu’il ne faut pas cantonner l’économie à cette routine destinée à une certaine élite. Il faut une nouvelle offre touristique qui va intégrer les étudiants et jeunes qui ont leur Licence et Master en tourisme». Selon le patron de l’Onits, «il faut donner les outils aux gens qui peuvent le développer pour demain».
Plaidant la mise en place d’un secrétariat du tourisme à la place d’un ministère pour plus d’attraction dans le secteur, Doudou Gnagna Diop estime que l’autre volet qui plombe le secteur touristique «est la centralisation de tous les activités au niveau de la capitale Dakar». Il propose donc de «transférer les compétences du tourisme dans les localités pour permettre aux autorités locales de faire la promotion de leur localité avec leurs propres produits». A ses yeux, «le tourisme intérieur ne peut pas se développer sans que l’on ne développe les localités. Ce n’est pas possible. Donc il faut que l’on soit cohérent dans notre manière de gérer ce secteur. Et cela ne coûterait rien à l’Etat du Sénégal de transférer les compétences du tourisme, tout en ayant un secrétariat d’Etat. Parce que ce sont les maires et les populations locales qui doivent montrer leur patrimoine local pour bénéficier des retombées du tourisme». Aussi a-t-il dénoncé la modicité du budget accordé au secteur touristique. «Quand vous voyez un ministère auquel on octroie 4 milliards de francs Cfa pour faire la promotion touristique nationale, alors que c’est le deuxième pourvo­yeur de devises et de création d’emplois, il y a problème». Et pendant ce temps, fustige-t-il, «il y a des ministères qui ont 40 milliards de francs Cfa. C’est inacceptable». Pour Doudou Gna­gna Diop, «si le tourisme ramène des devises, crée des emplois, l’Etat doit lui donner les moyens de faire cette promotion».

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