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Le département de Foundiougne fait partie des zones pourvoyeuses du marché sénégalais en crevettes. Mais depuis l’entrée en vigueur de l’Etat d’urgence assorti d’un couvre-feu destiné à limiter la propagation du coronavirus, les débarquements de ce produit halieutique ont drastiquement baissé.

Les pêcheurs de Foundiougne ne sont pas épargnés par les effets du Covid-19. Les séries de mesures prises afin de limiter la propagation du coronavirus ont négativement impacté leur activité. «Les mareyeurs sont confrontés à de réelles difficultés relatives à la revente des ressources halieutiques, car la situation économique n’est plus la même», déplore Joseph Sarr. Selon le coordonnateur du Conseil local de la pêche artisanale (Clpa) de Foundiougne, depuis l’entrée en vigueur de l’Etat d’urgence assorti d’un couvre-feu, le commerce des produits halieutiques dans cette zone tourne au ralenti. En effet, la pêche de crevettes reste l’une des activités dominantes dans le département de Foun­diougne. Et cette activité se déroule la nuit. Par conséquent, les débarquements de ce produit ont drastiquement baissé, d’après le président du Clpa. Une situation qu’il impute au couvre-feu.
A cet effet, Joseph Sarr souligne les dures conditions de pêche et celles de la commercialisation des produits halieutiques au retour d’immersion en mer. Ce qui entraîne aussi, d’après lui, «des dommages collatéraux en ce qui concerne le ravitaillement en ressources assuré par le dernier maillon de la chaîne, à savoir les secteurs connexes, les revendeurs ou les petites économies au quai ou à l’intérieur du département, sans oublier les consommateurs qui endurent la cherté des produits».
Les pêcheurs de Foundiougne ont également un problème lié à la conservation de leurs produits qui se heurtent à la baisse de la demande. «L’absence d’une usine de glace dans le département rend la tâche beaucoup plus difficile pour la conservation des ressources», souligne le coordonnateur du Clpa, corroboré par MM. Lam et El Hadj Bop, tous deux pêcheurs à Foun­diougne.
Ces acteurs de la pêche demandent ainsi aux autorités de leur venir en aide, car ils ne comptent que sur les modestes revenus tirés de cette principale activité.
A Foundiougne comme dans les autres collectivités, les autorités administratives ne badinent pas avec l’application des mesures barrières. «Pour l’immersion en mer, il ne peut y avoir plus de 10 personnes à bord pour la pêche. L’entassement des personnes à bord des embarcations est banni», assure Mamadou Wade. L’inspecteur départemental de la Pêche annonce que «le ministère de la Pêche et de l’économie maritime a appuyé avec un lot de produits d’hygiène qui sera distribué aux pêcheurs, mareyeurs et femmes transformatrices, afin de respecter les mesures d’hygiène édictées». Sur le plan de l’accompagnement des acteurs de pêche, dit-il, «nous octroyons aux mareyeurs des certificats d’origine pour qu’ils puissent convoyer leurs produits pour la commercialisation. Et s’agissant de l’assouplissement des mesures durant le couvre- feu, la pêche nocturne continue. Mais il est interdit toute activité de commerce ou d’embarquement sur la terre ferme durant cette même période. En d’autres termes, s’ils embarquent avant 18h, ils n’accosteront qu’après 6h du matin». Il renchérit : «Même si nous sommes à l’heure de la sensibilisation, la stabilité économique et l’épanouissement de nos acteurs sont plus que jamais des inquiétudes, mais avec l’appui des autorités départementales nous essayerons de renforcer les aides alimentaires.»
Le Conseil local de la pêche artisanale (Clpa) ainsi que les acteurs du secteur gardent toujours une lueur d’espoir à la sortie de la rencontre avec l’Organi­sation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) pour une éventuelle réception de denrées alimentaires en guise d’aide durant cette période difficile qui affecte leurs activités.

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