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La crise sanitaire actuelle liée au Covid-19 met en péril le dynamisme de la filière avicole jusqu’ici noté, alerte l’Interpro­fession avicole du Sénégal. Faisant le point des effets de la pandémie sur la chaîne de valeur avicole, l’Ipas explique dans un communiqué que «l’apparition de la maladie au Sénégal et les mesures nécessaires à son contrôle, impactent négativement l’aviculture sénégalaise au niveau de tous les maillons, même si les producteurs et les accouveurs sont actuellement les plus affectés. Les méventes de poulets à la suite de l’annulation de grands événements religieux, la fermeture des réceptifs hôteliers, des restaurants, des centres des œuvres universitaires, et des marchés, ainsi que la limitation des déplacements ont fini d’installer la filière avicole dans une très forte récession avec une baisse prévue de son chiffre d’affaires de plus 50% en 2020».
Malgré tout, Ahmédou Moukhtar Mbodj, président de l’Ipas, et ses collègues restent mobilisés pour faire face à cette crise inédite. Ils entendent ne ménager aucun effort pour «assurer la continuité des activités et surmonter les aléas liés au contexte actuel». «En notre qualité d’acteurs dans le secteur essentiel de l’alimentation des Sénégalais, les membres l’Ipas travaillent en partenariat avec les autorités du pays, notamment les ministères en charge de l’Elevage et du Commerce, pour trouver des solutions aux difficultés conjoncturelles ponctuelles, de manière à assurer la continuité des activités dans le strict respect des mesures sanitaires édictées afin de garantir l’approvisionnement régulier du marché en produits avicoles de qualité», déclarent les membres de l’Ipas.

«Approvisionnement correct du marché»
Ainsi assure l’Ipas, «l’approvisionnement convenable du marché en poulets a été assuré durant le mois béni de ramadan et jusqu’à la Korité». Toutefois mentionne le document, «durant cette période, les producteurs ont vendu une bonne partie de leur production à perte». Dès lors, estiment les acteurs, «l’accompagnement de l’Etat s’avère indispensable, afin d’assurer la pérennité de la filière et sauvegarder des milliers d’emplois». Pour ce faire, l’Interprofession plaide pour «le soutien aux acteurs ayant subi des pertes du fait de la crise sanitaire». En effet, arguent M. Mbodj et ses collègues, «l’annulation des événements auxquels la filière s’était préparée a occasionné des pertes importantes pour les acteurs de l’aval de la filière à cause des méventes exceptionnelles. La chute brutale des mises en place pour la campagne suivante, qui a coïncidé avec la période du ‘’ramadan-korité’’, a aussi causé la perte de plusieurs millions de poussins au niveau des accouveurs et un manque à gagner pour les producteurs d’aliments». Ils prônent aussi, «la mise en place d’un fonds spécifique pour la relance de la filière avicole. Ce fonds permettra aux acteurs de redémarrer leurs activités durement éprouvées. Ce fonds pourra être utilisé comme garantie auprès des institutions financières spécialisées pour faciliter l’accès au financement à des conditions allégées».
Depuis 2005, ces acteurs disent avoir consenti à des investissements de l’ordre de plusieurs centaines de milliards et sont ainsi arrivés à assurer l’autosuffisance du Sénégal en poulets et œufs de consommation. Le chiffre d’affaires réalisé par la filière en 2018 s’élève à près de 150 milliards de francs Cfa, rappelle l’Ipas.

1 COMMENTAIRE

  1. A mon modeste avis, la chaine de valeur avicole (chair et oeufs) doit être revisitée par un séminaire national sur sa réorganisation et ses principes. Faudra t-il laisser les provendiers s’accaparer aussi de la production d’oeufs et de viande aux détriment de sénégalais qui veulent y investir ?

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