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Un chargement de riz au port de Dakar.

Dans le cadre de la promotion du riz local, le président de la République avait fait part de sa décision de n’autoriser l’importation de riz au Sénégal qu’aux commerçants qui achèteraient du riz de la vallée, avec des quotas fixés selon le prorata du riz acheté au niveau local. Mais de l’avis de El Hadj Alioune Diouf, ancien directeur du Commerce intérieur sous Wade, «il est inacceptable que le président de la République lui-même dise qu’il va fixer un quota de 500 mille tonnes de riz aux importateurs». M. Diouf, qui intervenait lors de l’atelier sur les incidences du Brexit dans la signature de l’Accord de partenariat économique (Ape) entre l’Union européenne et l’Afrique de l’Ouest, pense que c’est une «erreur dans tous les sens, dans la mesure où dans le commerce mondial, le quota est interdit». Pour le consultant, «dans tous les accords signés par notre pays depuis 1981, il est clairement accepté que la seule mesure de protection économique, ce sont les droits de douane».
Il souligne d’ailleurs que le fait de fixer des quotas répartis entre une partie des importateurs ouvre la voie à toute sorte de corruption et ne manque pas également d’avoir des répercussions sur le prix du riz dans la mesure où beaucoup d’importateurs sont obligés de dépenser de l’argent pour obtenir un quota. Et cet argent sera forcément récupéré sur le consommateur, car la conséquence directe sera une flambée des prix du riz sur le marché. Mieux, le système des quotas peut aussi favoriser la flambée des prix dans le sens où les importateurs qui en sont les attributaires peuvent librement prendre tout leur temps pour attendre que leurs collègues écoulent leurs stocks avant de s’approvisionner à nouveau. Ce qui fait de chaque commerçant le seul maître du marché. Chose qui risque de tuer la concurrence et ainsi fausser les lois du marché, car les prix restent élevés, parce que non fixés par l’Etat qui jouait avant le rôle de régulateur.
Pour El Hadji Alioune Diouf, le Sénégal gagnerait à s’y prendre autrement sur la question des quotas, car le président de la République ne peut pas prendre position de cette façon sur une chose interdite par les conventions et accords signés par le pays. A ce propos, le spécialiste invite les techniciens des différents ministères concernés à s’impliquer dans la mise en œuvre des stratégies qui pourraient éviter certains déboires au Sénégal. M. Diouf suggère également la mise en œuvre d’autres stratégies qui pourraient aider le Sénégal à contourner les quotas. Il s’agit de mesures d’incitation pour amener les importateurs à s’engager dans la production. Cela éviterait aux importateurs de proposer, comme cela se fait souvent, un riz de très mauvaise qualité. Pour Alioune Diouf, l’Etat doit prendre ses responsabilités en prenant des dispositions pour augmenter la Tva et les différentes taxes appliquées sur le riz importé afin de mieux favoriser la production locale qui pourrait procurer aux consommateurs sénégalais du riz de meilleure qualité et à bon prix.

cndiongue@lequotidien.sn
nfniang@lequotidien.sn

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