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Le chef de l’Etat menace ceux qui veulent «déstabiliser le pays». Une adresse à l’opposition qui a commencé à chauffer les rues de Dakar, mais aussi un avertissement à Abdoulaye Wade et ses «frères» de parti qui affirment qu’il n’y aura pas d’élection sans Karim Wade.

Ça sent le roussi depuis la publication de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel. Les jeunes de l’opposition ont décidé de chauffer le pays, notamment après l’élimination de Khalifa Sall et Karim Wade. Mais il y a aussi le retour attendu de Abdoulaye Wade et les menaces des Libéraux qui jurent qu’il n’y aura pas d’élection sans Karim. Devant cette situation incertaine et tendue, le président de la République, qui était à Guédiawaye hier pour l’inauguration de la mosquée Thierno Sileymaani Baal, a mis en garde l’opposition. «On ne peut pas prendre le pays en otage. On ne laissera personne, je dis bien personne, plonger le pays dans une situation de peur. Force restera à la loi», a dit Macky Sall. Au-delà de la grande mosquée qui a coûté plus de 1,3 milliard, le candidat de la coalition Benno bokk yaakaar et de la Grande majorité présidentielle a rappelé ses différents projets. «Je ne promets pas. Tout ce que je dis a été préalablement étudié et analysé. Ma méthode est différente de ce que les politiciens faisaient. Je ne passe pas mon temps à promettre, non. Le projet de Brt a été déjà réglé avec l’accompagnement de la Banque mondiale. Habiter Guédiawaye, Pikine et Rufisque ne sera plus un handicap avec nos projets», a-t-il dit. Avant d’ajouter : «Guédiawaye et Pikine sont déjà acquises à notre cause. Vous m’excuserez de ne pas passer lors de la campagne électorale. Peut-être que je passerai vous saluer ou me promener. Laissez-les parler parce qu’on ne peut pas les battre et les empêcher de pleurer ! Ce n’est pas grave. La lutte est ouverte, venez montrer votre force !»

«Madame le maire du petit parti, transmettez mes salutations à votre leader»
Macky Sall a clôturé la cérémonie en envoyant un message à Malick Gakou dont la candidature a été déclarée irrece­vable. «Madame le maire du petit parti, veuillez transmettre mes salutations à votre leader. Dites-lui que le Grand parti, c’est la coalition Bby», raille-t-il, provoquant un éclat de rires. A leur tour, les imams et délégués de quartier ont renouvelé leur confiance au chef de l’Etat avant de lui promettre une victoire éclatante au soir du 24 février. «Rien que pour ce que vous avez fait en si peu de temps, nous vous promettons de tout faire pour votre réélection. Nous avons vu tous les gros efforts que vous avez faits, à savoir la Couverture maladie universelle, les bourses de sécurité familiale, l’augmentation des pensions de retraite, etc. Ce que nous n’avons jamais bénéficié des régimes précédentes», témoigne El Hadji Modou Niang, président des délégués de quartier de Guédiawaye.
A l’occasion, les responsables de l’Apr de la banlieue se sont livrés à une guerre de mobilisation. Abdoulaye Thimbo, maire de Pikine, s’est déplacé avec les imams et notables de son département. Le chef de l’Etat a salué la partition de Lat Diop qui a mobilisé une bonne partie des jeunes de la banlieue, mais également son frère, Aliou Sall, qui a su «fédérer toutes les forces vives du département».

latifmansaray@lequotidien.sn

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