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Massalikoul Djinane, qui sera inaugurée ce vendredi, est une mosquée qui rend fiers les fidèles musulmans et étire davantage la grandeur du Mouridisme.

Que dire ? L’attente a été longue, mais il ne reste que quel­ques heures pour qu’enfin vienne le jour tant attendu : l’inauguration de Massalikoul Djinane. Les chemins du paradis. Ce vendredi 27 septembre sera marqué dans du marbre, mis en gras dans l’histoire du Mouridisme. A Colobane où est nichée la mosquée, construite sur 6 ha et d’un coût de plus 20 milliards F Cfa, les fidèles, accourus de toutes les contrées du pays, qui trépignaient d’impatience, continuent de rallier la capitale sénégalaise pour assister à la prière de 14 h. En attendant, les Forces de l’ordre, les agents de santé, du privé en passant par la pléthore de Dahiras et associations mourides donnent au quartier Colobane, qui héberge ce rêve lointain (Massalikoul Djinane) de la mouridiyya, cet instant mémorable. Les haut-parleurs laissent échapper les versets du Saint coran, les écrits de Cheikh Ahmadou Bamba, «qui avait prédit sa venue dans la capitale sénégalaise à travers Serigne Mountakha», l’actuel Khalife général des mourides. Prédiction réalisée, car le guide va inaugurer cette monumentale œuvre, qui attire un monde, qui vient s’abreuver aux sources du Mouridisme. Sous une tente en face de l’entrée principale de la mosquée, deux tablibés observent la grande exposition réalisée par le Dahira Khidmatoul Khadim. «Serigne Touba avait écrit dans l’une de ses œuvres que c’est à travers Al Mountakha qu’il viendrait à Dakar et cela rendra vaines toutes les stratégies de l’ennemi. C’était en 1895», relate l’un des visiteurs de l’exposition. Qui présente les figures et évènements symboliques de la confrérie mouride notamment la vie et l’œuvre de Serigne Touba, de Mame Cheikh Ibrahima Fall communément appelé Baboul mouridina (la porte du Mouridisme), l’histoire de l’exil du Cheikh au Gabon, son passage à Dakar, la bibliothèque Khadim Rassoul et ses excroissances dans le monde… Rien n’est laissé en hasard, le diable est dans le deuil. «Nous avons réalisé cette exposition en nous basant sur des sources fiables et sûres. Nous avons les informations relatives à l’histoire générale de la mosquée Massalikoul Djinane, de la pose de la première par Serigne Mouhamadou Lamine Mbacké jusqu’à son état actuel», confie Babacar Ndong, membre de la commission chargée de la recherche et des expositions du Dahira Dialibatoul Marahbi, qui s’occupe de la propreté de la mosquée et ses alentours. «Nous faisons tout ce qui est de notre pouvoir pour qu’une personne qui arrive ici, d’où qu’elle vienne, puisse être satisfaite des informations mises à sa disposition. Dieu merci : les visiteurs affichent leur joie», se réjouit M. Ndong. Un autre membre de la commission acquiesce de la tête.
A Colobane, il flotte un sentiment de fierté inexplicable qui emplit les cœurs des visiteurs, guidés simplement par le besoin de savoir l’histoire de leur confrérie. Depuis des jours, le coordonnateur des travaux de la mosquée, est au cœur de toutes les attentions. Un groupe dirigé par Pape Ibrahima Diagne avance vers la police, appuyée par la sécurité mouride, qui s’occupe de l’ordre dans la piste réservée aux véhicules. Le grand Serigne de Dakar, qui s’incline devant cette réalisation : «Par ma voix, la Communauté léboue dit bienvenu à Serigne Mountakha Mbacké. Nous sommes heureux et nous nous retrouvons dans la réalisation de cette grande œuvre qui est la victoire de l’Islam. J’ai dit à Serigne Mountakha que les disciples ici à Dakar suivent vos recommandations. Ils lisent le Coran, les khassaides (écrits de Serigne Touba) et ils travaillent également.» Pape Ibrahima Diagne ajoute : «vous avez amené mbekk mi ou la joie en français», que les talibés chantent depuis l’arrivée de l’actuel khalife à la tête du Mouridisme. M. Diagne fait un rappel : «lors de l’inauguration de la grande mosquée de Touba, Senghor avait dit la construction de cet édifice démontrait la solidarité nationale. Mais aujourd’hui Massalikoul Djinane renouvelle cette solidarité car tout le monde y a participé à travers les cotisations de 100 F, 1000 F, 5000, etc. Cette mosquée fait la joie de tous les Sénégalais car Serigne Touba ne l’a pas construite au Gabon. Elle reste ici au Sénégal et j’affirme qu’il reste encore d’autres mosquées comme celle-ci», conclut le dignitaire lébou. Une prédiction entonnée aussi dans les rues de Colobane, qui ont aussi fait allégeance au Mouridsme.

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