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Les producteurs de l’Agriculture écologique biologique (Aeb) ont franchi un nouveau pas dans la promotion de cette forme d’agriculture saine avec l’ouverture d’un complexe bio à Thiès. Il s’agit d’une boutique et d’un restaurant dont la gestion est entièrement confiée à SenBio Sénégal, une entreprise locale spécialisée dans la commercialisation de produits biologiques et naturels basée dans la région de Thiès. L’initiative portée par l’Ong Agri Bio Services et le centre Mampuya entend contribuer au développement d’un système alimentaire basé sur l’agro-écologie et l’entreprenariat populaire pour le changement dans le cadre de la réalisation du droit à l’alimentation, note Aminata Sall, responsable administrative et financière de SenBio. Laquelle estime que c’est une large gamme de produits locaux, sains et de bonne qualité et de toutes sortes d’aliments, mais aussi des produits d’hygiène, des jus naturels, entre autres qui sont proposés aux consommateurs. Un centre qui, selon Aboubacry Bèye, Directeur exécutif du centre Mampuya, va faciliter les rapports entre les producteurs, les fournisseurs, les clients, notamment dans les aspects logistiques et commerciaux. «Nous sommes surtout conscients que nous avons un long travail à accomplir. En Europe, le bio a pris 30 ans, soit l’équivalent de trois décennies, pour se faire adopter par la population. Certains de nos détracteurs nous disent que ce sera le double chez nous, mais nous sommes plus que jamais déterminés, avec des concepts modernes, nouveaux, à relever le défi», dit-il. Non sans ajouter que le concept est né il y a 3 ans et est développé par le directeur d’AgriBio Services, Djibril Thiam. Un projet largement salué par le coordonnateur de la Fédération nationale pour l’agriculture biologique (Fenab), Ibrahima Seck, qui renseigne : «C’est pour faciliter la commercialisation des produits biologiques et naturels et permettre ainsi aux producteurs d’avoir des prix rémunérateurs et le tout dans une démarche de bonne gestion des ressources naturelles. Et la dynamique permet en même temps une chaîne de distribution, qui va mettre en relation les fournisseurs, mais aussi les clients et ainsi, Sen Bio va participer à l’émergence de cette forme d’agriculture saine, l’agriculture du futur.»

Plaidoyer pour l’intégration de l’agriculture bio dans les politiques agricoles
Rappelant l’importance de l’agriculture biologique, «un système de production holistique et systémique, qui intègre l’agriculture, l’élevage, la foresterie, les ressources halieutiques et qui produit des aliments sains, très bons pour la santé humaine, la santé animale et les écosystèmes», M. Seck a surtout insisté sur la nécessité absolue de bien gérer les ressources naturelles. Ce d’autant, dit-il, lesdites ressources naturelles, sol, eau, forêt, biomasse, etc. «ne nous appartiennent pas. Elles nous ont été confiées pour les générations futures, nous devons les gérer d’une manière rationnelle, pour les leur rendre dans de très bonnes conditions». Aussi le coordonnateur de la Fenab d’ajouter que cette forme d’agriculture a des principes à respecter. Il s’agit ceux de la santé, de l’équité et de l’écologie. «Il y a un quatrième principe qui est celui de précaution. C’est-à-dire tout ce que nous faisons ne doit pas avoir des conséquences néfastes ni pour l’homme, ni pour l’animal, ni pour l’écosystème.» Pour simplement dire, «l’agriculture biologique est un projet de société et elle a des dimensions, dont celle culturelle, parce que bâtie sur le socle de nos valeurs, de notre spiritualité, de ce que les ancêtres nous ont légué. Elle a comme base les pratiques paysannes traditionnelles, mais également elle a une dimension sociale, avec un grand rôle dévolu aux femmes qui essaient de la mener dans les hautes sphères, et ce sera dans la durabilité, parce que tout simplement la femme est avant tout fécondité, elle s’occupe des semences, de l’alimentation, des enfants à la maison». C’est d’ailleurs, conclut-il, tout le sens des «plaidoyers menés par les acteurs pour que le gouvernement et ses partenaires au développement puissent intégrer l’agriculture biologique dans les politiques agricoles, dans les plans d’investissement, les projets et programmes, dans la vie de tous les jours».

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