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En inaugurant hier le Musée des civilisations noires, le président de la République a fait l’historique de ce projet. Macky Sall est revenu sur l’importance de cette infrastructure culturelle pour les pionniers dans la valorisation de la civilisation noire. Pour lui, c’est aussi un symbole de la sauvegarde de la diversité culturelle du monde qui servira à tous les Peuples.

C’est en grande pompe que le Musée des civilisations noires a été inauguré hier. Le projet de la construction de cette infrastructure avait été nourri par le Président Senghor en 1966, mais il a fallu attendre 52 ans après pour voir sa réalisation. C’est donc pour marquer ce moment historique que le Grand Théâtre a été choisi pour célébrer cet événement dans l’animation, mais aussi en invitant d’autres pays. Rappelant que ce musée «porte le symbole de l’amitié et de la solidarité des Peuples chinois et sénégalais», le Président Macky Sall a fait savoir qu’il traduit l’attachement commun des deux pays «au respect de l’égale dignité des cultures et des civilisations et à la sauvegarde de la diversité culturelle du monde». Selon le Président Sall, le Musée des civilisations noires est «symbolique et ouvert à toute l’Afrique, à sa diaspora». D’après M. Sall, cette infrastructure culturelle «servira à tous les Peuples épris de paix, de partage et de vivre ensemble».
Pour le chef de l’Etat, le Musée des civilisations noires «est un instrument au service du dialogue des cultures et des civilisations». De même, souligne-t-il, «le musée se veut un centre où s’harmonisent le souvenir de notre passé, le témoignage de notre présent et la confiance résolue de notre avenir». Il doit être aussi «un lieu de conservation de notre patrimoine, un réceptacle d’interculturalité sur l’Afrique et sa diaspora, un regard qui reconnaît et accepte la part qui nous revient de droit dans la construction de la grande aventure humaine». D’ail­leurs, il a souligné que c’est le sens de «la participation à l’inauguration de nombreux pays amis par des œuvres culturelles symboles de notre histoire partagée».
Inscrivant ce moment dans la continuité de l’histoire, M. Sall soutient que le musée «rejoint une dynamique de confiance et une symphonie entre Africains et Afro-descendants unis dans les valeurs de culture et de civilisation». Cet événement était aussi une occasion pour le Président Sall de rendre hommage aux pionniers dans la lutte pour la valorisation de la civilisation noire. A ce propos, il estime que «ce jour fait ressurgir le souvenir de pionniers, symboles de refus de la domination et de l’acculturation, précurseurs du panafricanisme et pionniers dans la revendication de l’identité culturelle négro-africaine». Selon lui, «évoquer le passé de l’Afrique à l’inauguration du Musée des civilisations noires n’est pas céder à une tentation d’autoglorification» mais, explique-t-il, c’est «jeter un regard lucide sur le passé, faire honneur à nos ancêtres et rappeler à notre mémoire collective la charge que nous astreint ce récit de notre histoire». Il s’agit, d’après le chef de l’Etat, de faire notre devoir en restant «les sentinelles vigilantes des anciens et de toutes les formes d’expressions contemporaines qui serviront de viatique aux générations futures».
Invité d’honneur à cet événement, le Président de l’Union des Comores a salué cette initiative du Sénégal de construire ce musée qui contribue à l’ambition du continent noir de construire «un nouvel humanisme, de promouvoir le dialogue des cultures et le rapprochement des civilisations». Selon M. Azali Assoumani, «un musée, par sa simple existence, donne une dimension intemporelle à la protection et à la valorisation des arts et de la culture noire». Et le Président des Iles Comores d’ajouter : «Ce musée, non seulement va offrir un toit aux âmes, refléter la diversité culturelle en Afrique et aussi mettre en lumière l’apport de notre continent à la production plastique contemporaine, à sa contribution au patrimoine scientifique, technique et culturel». Pour lui, «ce musée ouvre à l’Afrique une nouvelle ère, celle de la conquête de son patrimoine artistique culturel». Un patrimoine qui, estime-t-il, «doit être pour nous aussi un levier de croissance économique comme il le fut pour les autres».
Relevant par ailleurs que l’inauguration de ce musée a coïncidé avec la décision prise par le Président français de restituer aux Africains les œuvres, Macky Sall souhaite que cet acte «ouvre la voie à un dialogue serein et apaisé» sur le rapatriement du patrimoine culturel africain. Il a par la même occasion salué «la mise à disposition du sabre de El Hadj Oumar Tall» par la France.

Hommage de Macky à Wade
Lors de l’inauguration du Musée des civilisations noires, les intervenants ont tous rappelé l’attachement du Président Senghor à ce projet en oubliant que la pose de la première pierre pour sa construction a été faite par le Président Wade. Mais le chef de l’Etat a voulu rendre à César ce qui appartient à César en rappelant cette partie de l’histoire. Il dira : «Nous sommes dans la continuité de l’histoire. Il faut aussi rappeler les actions du Président Wade qui a initié ce Musée des civilisations noires.»

Chantiers culturels du Sénégal
La construction du Mémorial de Gorée va démarrer en 2019
L’inauguration du Musée des civilisations noires a été aussi une occasion pour le Président Sall de montrer son attachement «à la revalorisation significative du secteur culturel». Ainsi, il a annoncé la construction du «mémorial de Gorée, porte du retour, à partir du deuxième semestre de 2019». M. Sall a aussi évoqué «la construction du Palais des arts avec la rénovation de l’ancien Palais de justice». A l’en croire, les plans ont déjà été réalisés. Par ailleurs, le chef de l’Etat a rappelé les efforts qui sont faits par son gouvernement dans le domaine de la culture avec le Fonds de soutien à la créativité et aux industries créatives qui est passé de 2,8 milliards de F Cfa en 2013 à plus de 5 milliards, le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuelle à 2 milliards. Il a aussi annoncé que les cultures urbaines auront à partir du budget de 2019 un fonds de 600 millions, soutenant que son «ambition est de faire plus, car la culture, identité remarquable et l’âme du Peuple, n’a pas de prix».

dkane@lequotidien.sn

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