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Le président de la République de Gambie et son homologue sénégalais Macky Sall ont procédé hier à l’inauguration du Pont de Farafegny. Cet ouvrage, d’un coût de plus de 50 milliards de francs Cfa que le Président Barrow veut baptiser «Senegambia Bridge », constitue un facteur d’intégration des régions sud au reste du Sénégal, mais également un véritable trait d’union entre les Etats de l’espace de la Sénégambie méridionale.

Les blocages, les pertes de temps et les tracasseries au niveau du Bac de Farafegny, les longues files d’attente des camions sénégalais et bissau-guinéens en transit à Farafegny ou à Soma… ne seront bientôt qu’un vieux souvenir. Le Pont de Farafegny qui enjambe le fleuve Gambie a été réceptionné hier par le Président gambien et son homologue sénégalais accueillis au niveau de la localité frontalière de Keur Ayib par une foule nombreuse. Les populations sénégalaises, du Nord comme du Sud, pourront ainsi, et librement, circuler de jour comme de nuit via la Transgambienne. Ce qui, d’après le chef de l’Etat sénégalais, a été un rêve. «Toutes les grandes œuvres habitent d’abord les lieux du rêve et ce pont est l’un de ces rêves. Nous pouvons ainsi être fiers d’avoir transformé en réalité ce rêve de plusieurs générations. L’Afrique a besoin aujourd’hui, de leaders politiques courageux qui travaillent pour réaliser le destin de son peuple et le destin de l’Afrique ; une vision qui passe par l’unité des Etats», martèle Macky Sall.  Et selon lui, ce pont sur le fleuve Gambie, en reliant ainsi les deux rives, facilite l’interconnexion des réseaux routiers de la Gambie et du Sénégal, réduit la durée des voyages, accroit les échanges commerciaux, renforce la cohésion entre les peuples et contribue à l’intégration de la sous-région.
D’un coût de plus 50 milliards de francs Cfa financés par la Banque africaine de développement (Bad), l’ouvrage a une longueur de 942 m, une largeur de 12 m et une hauteur de 17 m. Il a été réalisé selon les standards internationaux, d’après Arezki Group, l’entreprise qui a achevé cet important projet.
Lequel projet, souligne le chef de l’Etat gambien, met un terme à des siècles de difficultés. «La cérémonie d’aujourd’hui, qui est une réécriture de l’histoire, marque la fin de ce calvaire. Car, c’est la libre circulation des personnes et des biens qui est garantie. Ce pont va générer des revenus et assurer une sécurité aux voyageurs», se félicite Adama Barrow. Avant d’ajouter que «le Sénégal et la Gambie ont démontré par cette réalisation leur engagement pour l’unité africaine». Et en faisant référence au Sénégal, le Président Barrow a magnifié l’appui de ce pays durant tout le processus de réalisation de cet ouvrage. «La relation entre nos deux pays est une volonté divine ; et ce que Dieu a ficelé, personne ne peut le défaire», déclare-t-il à l’endroit du Président Macky Sall. Il poursuit : «Ce n’est ni la Gambie ni le Sénégal qui sont honorés à travers la réalisation de cet ouvrage, mais plutôt la Séné­gambie. Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est parce que vous avez un jour défendu le Peuple gambien qui avait besoin de vous.» Une manière pour lui, de montrer que la réalisation de ce pont est la résultante de l’engagement du Président sénégalais pour restaurer en un moment donné la paix en Gambie. Suffisant pour que le chef de l’Etat gambien proclame la renaissance, voire la marche de la Sénégambie des peuples. Et de proposer sur place de baptiser le Pont de Farafegny «Pont de la Sénégambie». Un pont qui traduit la vitalité entre les deux peuples, doit être, selon lui, le symbole de l’unité entre les deux pays.
Sur ce point, le Président Sall indique que ce «21 janvier 2019 est un jour historique dans les relations anciennes de parenté, d’amitié et bon voisinage entre les Peuples gambien et sénégalais ; un grand jour également pour l’Afrique dans sa marche inexorable vers son unité». «Nous sommes réunis par l’histoire, unis par la géographie, le lien du sang et par un destin commun», insiste Macky Sall. Pour qui, «cette infrastructure grandiose porte le symbole des liens de fraternité sénégambienne». Des liens qui font, dit-il, que «chaque Gambien est chez lui au Sénégal et chaque Sénégalais est chez lui en Gambie». Pour rappel, le Président gambien Adama Barrow, après son élection en 2016, avait pris l’engagement de soutenir la construction du pont prévu sur le fleuve Gambie pour faciliter le déplacement des populations entre les régions du Nord et celles du Sud du Sénégal.
Les travaux ont été lancés en février 2015 à Farafegny par la vice-présidente de la Gambie, Aïssatou Ndiaye Seydi, sous le régime du Président Yaya Jammeh, et le Premier ministre sénégalais Mahammed Boun Abdallah Dionne, en présence des autorités religieuses de la famille Niassène de Kaolack venues bénir ce projet d’envergure pour le développement de la sous-région. La réalisation a été au départ confiée au consortium Corsan-Coviam-Arezki. Mais l’entreprise espagnole a été confrontée à des difficultés. C’est ainsi que finalement le group Arezki a pris la relève pour piloter les travaux de construction du pont de Farafegny jusqu’à son terme. Un savoir-faire sénégalais et africain magnifié par les principaux intervenants. D’ailleurs pour Macky Sall, l’entreprise Arezki, qui a eu le mérite de terminer ce chantier engagé dans des circonstances particulièrement contraignantes, leur a fait honneur en tant compagnie sénégambienne et africaine. Elle a su dans les délais requis livrer cette infrastructure de dernière génération.

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