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L’heure est à la mobilisation des ressources pour venir en aide aux sinistrés de l’incendie qui a ravagé une partie de Mbeubeuss. Le maire de Malika, Mor Talla Gadiaga, venu au chevet des victimes, est de cet avis. Sur les lieux, le décor est triste et les populations qui parlent de portés disparus depuis l’incendie craignent de voir le bilan officiel de deux morts s’alourdir. Du roussi et de la consternation hantent les lieux en ce vendredi venteux sur ce site qui fait vivre des milliers de personnes.

La vue est pittoresque en ce lendemain d’horreur à la décharge de Mbeubeuss. Le vent fort qui souffle inlassablement fait inhaler une odeur âcre que dégagent les résidus de toutes sortes après le passage des flammes. A perte de vue, du calciné et des fumées noirâtres qui se dégagent encore. Les éléments de la Brigade des sapeurs-pompiers, après avoir maîtrisé avec grande peine les flammes, sont toujours sur les lieux. Des pleurs et de l’inquiétude règnent à la décharge après l’incendie de jeudi soir qui a fait, selon le bilan officiel, deux morts et deux blessés graves. Un bilan qui laisse dubitatives les populations qui craignent un chiffre beaucoup plus lourd. Tous sont toujours sous le choc, mais toujours est-il que l’espoir demeure en dépit de supposés portés disparus. «Il y a des personnes qui n’ont pas encore été retrouvées. J’ai laissé deux femmes ici hier et je suis sûre qu’elles ne sont pas sorties», a assuré vendredi, l’effroi à la bouche, Awa Bodian, une dame qui était sur les lieux lorsque l’incendie s’est déclarée. Légèrement blessée à la main gauche lors de l’incendie, elle n’a pas manqué d’exhiber sa main bandée jusqu’au poignet. Sur les lieux, des personnes sont venues à la recherche d’un proche pour lequel ils n’ont eu aucune nouvelle depuis l’incendie. Parcourant des yeux une photo tenue par une de celles-ci, une dame qui travaille à la décharge dit bien reconnaître une personne sur la photo. «Cette-là, on était régulièrement ensemble. Elle a commencé à travailler ici l’année dernière, elle faisait du nettoyage juste à l’entrée», a-t-elle expliqué, laissant son interlocuteur sans mot. La crainte de voir le bilan s’alourdir est unanimement partagée par toutes les personnes présentes sur les lieux, vu l’ampleur des dégâts. Le maire de la localité, venu s’enquérir de la situation après le passage des flammes, est du même avis. «Le bilan peut s’alourdir de jour en jour d’autant plus que certaines personnes, après avoir séjourné dans les flammes, peuvent être réduites en cendres», a en effet avancé Momar Talla Gadiaga, maire de Malika. «Tous sont concernés par la décharge. Que vous habitez Yeumbeul, Pikine, Thiaroye-Gare, Dakar, les ordures viennent atterrir à Mbeubeuss. Donc tout le monde doit être impliqué dans l’organisation des secours pour venir en aide aux sinistrés», a estimé M. Gadiaga. Pour l’heure, les causes de l’incendie ne sont pas connues, mais les extrapolations ne manquent pas chez les nombreuses femmes rencontrées ce jour sur les lieux. «Les plateformes nous posent beaucoup de problèmes. Des étincelles y jaillissent des fois. Apparemment, ce serait la cause de l’incendie», a théorisé l’un de ces dames répondant du prénom de Bineta. Une autre probabilité, pense le maire de Malika, est «le méthane et d’autres types de gaz qui, par réaction chimique, peuvent s’enflammer». Ce qui urge, selon l’édile, c’est d’organiser des secours. «Ce qui m’intéresse dans tout ça, c’est que nos moyens en tant que collectivité locale ne suffisent pas. Il faut d’autres types de secours comme on le fait à l’occasion des inondations pour venir en aide aux sinistrés», a exhorté M. Gadiaga, interpellant de ce fait «l’Etat au plus haut niveau». Plus de sécurité pour la décharge, vu son impact économique, a exhorté l’édile de Malika. «Je faisais partie de ceux qui étaient pour la délocalisation de la décharge. Mais les avancées technologiques font qu’on peut utiliser Mbeubeuss à des fins économiques, surtout dans le domaine de l’énergie», a-t-il reconnu. Aucun chiffre n’a été avancé, mais les dégâts sont évalués par ces personnes tirant leur richesse des ordures à plusieurs centaines de millions de francs (Voir ci-contre).

abndiaye@lequotidien.sn

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