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L’incendie ravageur à la décharge de Mbeubeuss, qui a fait 2 morts  jeudi, n’a pas révélé l’étendue du drame, car les décombres risquent de dévoiler d’autres surprises surtout que plus de 10 personnes sont portées disparues. Peut-être plus !

Sous le ciel assombri de Mbeubeuss, ce n’est pas la fumée qui monte, ce sont les interrogations. Après les larmes, les questions s’accumulent : combien de personnes vont être retrouvées sous les décombres après les deux morts ? Cette éventualité fait tressaillir de peur les populations et les travailleurs de la décharge qui voient se profiler à l’horizon une fête de Noël pas du tout joyeuse. Le sort en est jeté…
Hier, la décharge de Mbeu­beuss a changé son visage habituel. Après l’incendie qui s’est propagé sur un rayon de 10 ha, c’est le chaos qui règne. C’est une succession de chaumières calcinées, des biens réduits en cendres.  Alors qu’une dizaine de personnes sont portées disparues, une femme est internée à l’hôpital de Pikine pour blessures graves. Peut-être plus. Chaque jour, plus de 1 500 personnes sillonnent ce coin malfamé à la recherche de leur pain quotidien. Les damnés de la terre se retrouvent encore au pied du mur. Quel cruel destin ! «Plus de 60 millions se sont volatilisés. Nous voulons que l’Etat nous vienne en aide en mettant des bouches d’incendie. Ce site a toujours enregistré ce type d’incendie. Souvent la situation est maîtrisée avant même l’arrivée des sapeurs-pompiers», informe Bathie Fall qui écume ce site depuis 22 ans.
Cette revendication est balayée par les populations qui vivent aux alentours du site. Mbeu­beuss est un vecteur de maladies et entretient la petite clique de racailles qui cherchent de l’or dans les ordures. «L’Etat reste muet sur la délocalisation de Mbeubeuss. L’air est pollué, les habitants souffrent de maladies pulmonaires parce que nous respirons 24h/24 de la fumée qui nous vient de la décharge. Plus de vingt personnes sont mortes ces derniers mois à cause des maladies pulmonaires, des femmes avortent. Quand nos femmes sont enceintes, on les envoie dans d’autres quartiers ou villes pour éviter d’éventuels avortements», explique Alpha Diallo qui vit à quelques mètres du site. En écho, Mme Diatta renchérit : «Toute la poussière envahit nos maisons. Pendant la saison des pluies, les moustiques et la fumée se mélangent. C’est le calvaire. En fin de compte, nous constatons qu’il n’y a aucune volonté politique de la part de nos gouvernants de délocaliser Mbeubeuss. On nous laisse mourir en silence.»

latifmansaray@lequotidien.sn

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