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– Des spécialistes étrangers en appoint
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Week-end cauchemardesque à Nga­dia­ga, commune de Notto Gouye Diama, après l’explosion d’un puits de gaz de la société de gaz naturel Fortesa, blessant un agent américain de l’entreprise. Le feu, qui ne peut être éteint que par des spécialistes avec des techniques bien déterminées, n’est pas facile à maîtriser.

Jusque tard dans la journée du dimanche, le feu qui s’est déclaré ce samedi 19 décembre 2020, vers 9 h, n’était pas éteint. Les sapeurs-pompiers qui luttent contre un feu de type hydrocarbure à Ngadiaga, situé dans la commune de Notto Gouye Diama, après l’explosion d’un puits de gaz appartenant à Fortesa, sont harassés par des heures de travail. Sans succès ! Selon des spécialistes, «il faudra impérativement tuer le puits, bloquer le contact du gaz avec l’oxygène de l’air pour éteindre le feu en utilisant l’effet de souffre». Une première au Sénégal, selon le ministre du Pétrole et des énergies Mme Aïssatou Sophie Gladima, qui a visité ce samedi les opérations d’extinction qui vont se poursuivre jusqu’à la maîtrise du feu. «C’est la première fois qu’on a un tel événement spectaculaire. On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de danger, mais quand même il y a moins de danger d’avoir une explosion. Et tant que la venue du gaz n’est pas arrêtée, nous aurons toujours ce phénomène spectaculaire. Ce n’est pas la même chose que les autres types d’incendie», a-t-elle expliqué avant de rassurer : «Avec les équipes techniques de Petrosen et du forage de Fortesa, nous allons voir comment faire pour localiser cette venue de gaz et boucher le trou. Ce ne sera pas long, parce que tout le monde est à pied d’œuvre. Les pompiers ont déjà essayé le matin, malheureusement la mousse ne suffit pas. Il paraît qu’on peut utiliser du sel.» Aussi elle a précisé que «c’est à l’image de la torche de la Société africaine de raffinage (Sar), tant qu’il y a la venue de gaz, cette flamme ne s’éteint pas. Il y aura toujours ce qu’on appelle cette torche qui brûle le gaz. C’est vrai que c’est effrayant et spectaculaire, mais il n’y a pas autant de risque d’explosion ou autres». En entendant que le feu soit maîtrisé, les populations de Ngadiagua, Thiéry, Keur Mbir Ndao, Dieuleuk Peul et Wolof sont toujours sur le qui-vive. Elles sont sorties de leur demeure pour suivre en direct le combat que mènent les pompiers et leurs soutiens contre les flammes. Des experts et autres techniciens sont mobilisés pour mener les opérations d’extinction du feu. «Pour neutraliser l’incendie, Haliburton, une entreprise para-pétrolière, second fournisseur de services à l’industrie pétrolière et gazière dans le monde, a été appelé» en renfort, révèle Joseph Medou, directeur général de Petrosen.

Cl Cheikh Tine, commandant du Groupement d’incendie et de secours n°2 : «Nous avons pu empêcher le feu de se propager»

«De loin, on aperçoit les flammes. Nous avons mis en place un dispositif impressionnant composé de six voitures d’incendie. Aussi, plus de 50 sapeurs-pompiers sont mobilisés et supervisés par quatre officiers. Nous avons pu mettre le périmètre de sécurité le plus rapidement possible en isolant les populations du danger. Nous avons mis en place le séparateur de test qui nous permet de séparer le gaz de l’eau avec les autres résidus que nous avons pu refroidir pour empêcher une explosion. Nous avons pu empêcher le feu de se propager. Nous l’avons contenu. Nous sommes en train de le maîtriser.
C’est une fuite de gaz enflammé. C’est un gaz inflammatoire du méthane. Notre rôle est de limiter la propagation des flammes. Mais avant d’éteindre, il nous faut avoir l’aval des spécialistes qui ont accompagné le ministre sur les lieux. Dans ce cas, si on écarte les risques d’explosion, le reste c’est de la surveillance. Il faut des spécialistes en la matière qui nous diront quand il faut éteindre le feu parce qu’ils doivent faire en sorte que le gaz ne soit pas endommagé. Le ministre et les spécialistes nous ont demandé de les attendre avant d’éteindre le feu.
Je rassure les populations de Ngadiaga et les villages environnants que c’est du gaz qui s’enflamme et il n’y a pas de risque si le sujet ne s’approche pas. Nous avons enlevé tout ce qui pourrait constituer un risque d’explosion. Les hommes resteront là pour surveiller le feu ainsi que la gendarmerie qui a déjà envoyé une équipe pour quadriller la zone. Seuls les spécialistes pourront donner le feu vert pour l’extinction du feu.»

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