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Après plusieurs mois d’accalmie, l’université Gaston Berger de Saint-Louis a renoué hier avec la tension. Les étudiants ont barré la Rn2 pour obliger le gouvernement à respecter les engagements qu’il avait pris à la veille de la levée du mot d’ordre de grève décrété suite à la mort de leur camarade Mouhamadou Fallou Sène. Il a fallu une intervention des gendarmes, qui ont usé de grenades lacrymogènes, pour les disperser et les obliger à se replier à l’intérieur du campus après une trentaine de minutes de face-à-face tendu. Déterminés à se faire entendre, ils  ont investi le bureau du recteur où ils ont versé de l’eau souillée sur le mobilier avant de se retirer.
Ils rappellent à travers cet acte au Président Sall les engagements qu’il avait pris lors de l’audience qu’il leur a accordée au Palais au lendemain de la mort de Fallou Sène. Il s’agit entre autres de l’ouverture d’un troisième restaurant, de l’acquisition d’un nouveau bus, de l’amélioration de l’assainissement dans le campus social et le relèvement du plateau technique du centre médico-social. Bien qu’ils reconnaissent que certaines doléances ont été satisfaites à savoir le limogeage du recteur de l’Ugb et du directeur du Crous et récemment le départ du ministère de l’Enseignement supérieur de Mary Teuw Niane. Mais, les «Sanariens» réaffirment leur détermination «à obliger le gouvernement» à satisfaire leur principale doléance, à savoir la lumière sur l’affaire Fallou Sène et l’emprisonnement du coupable.
L’étudiant Mouhamadou Fallou Sène avait été tué lors d’affrontements entre étudiants et gendarmes dans le campus universitaire. Malgré l’ouverture d’une enquête par le procureur de Saint-Louis et le transfèrement du dossier à Dakar, le présumé meurtrier n’est pas encore connu. Une situation inacceptable pour les étudiants qui continuent de réclamer justice. Aphones sur l’affaire depuis quelques semaines, ils ont choisi le lendemain de la nomination d’un nouveau ministre de l’Enseignement supérieur pour se faire entendre. Une façon de lui mettre sans doute une pression pour accélérer l’ouverture des poursuites judiciaires.
Du côté des autorités universitaires, une réunion d’urgence a été convoquée pour évaluer la situation, qui reste très volatile à Saint-Louis. En attendant, les étudiants ont décrété plusieurs journées sans tickets.
cndiongue@lequotidien.sn

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