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Comment réduire la pauvreté ? A cette question, nos gouvernements tentent depuis belle lurette d’y répondre, mais dans les faits le problème reste entier. Dans ce contexte, la Banque mondiale qui a participé à la célébration de la Journée mondiale pour l’élimination de la pauvreté a organisé un panel avec comme objectif de diagnostiquer les mesures prises par les autorités pour faciliter l’inclusion sociale. «L’Etat du Sénégal a voté une loi d’orientation sociale en 2010. Il a lancé un programme de bourse sociale. C’est bien, mais il reste beaucoup à faire», a rappelé Mame Safiétou Djamil Guèye, spécialiste principale en développement de la Banque mondiale. Qui demande à l’Etat du Sénégal de considérer l’inclusion sociale comme une demande sociale, afin d’opérer un changement qualitatif car, renseigne le président de l’Association Handi­cap.sn, «sur les 5 592 personnes recrutées en 2013 dans la fonction publique, il n’y a que 20 personnes souffrant de handicap, alors que dans la base de données actuelle de Handicap international, il y a 500 personnes à mobilité réduite qui ont un Bac+ au Sénégal». Pour Kha­dim Rassoul Talla, le problème se situe au niveau de l’application de la loi d’orientation. Votée en 2010, l’on n’y a promulgué que 2 sur les 10 décrets prévus. Ainsi à défaut de disposer des autres décrets, Mame Safiétou Djamil Guèye estime que «les associations de personnes souffrant de handicap doivent proposer à l’Etat des stratégies d’intégration» via la création d’une plateforme d’échange permanent.
Si l’exclusion sociale peut être un frein au développement,  la coordonnatrice de la cellule genre du ministère de la Fo­rmation professionnelle, de l’apprentissage et de l’artisanat pense plutôt que les efforts d’inclusion sociale doivent être concentrés chez la femme, car «la pauvreté est féminine». Par conséquent, la solution pour se développer réside dans la formation des femmes. «On constate que les femmes sont au cœur du développement, mais elles souffrent généralement d’un manque de qualification. C’est pourquoi nous devons faire des efforts allant en ce sens pour faciliter leur inclusion sociale», a dit Sala Sall, invitant les participants à davantage financer la qualification.
Une situation que la spécialiste principale en développement de la Banque mondiale semble confirmer. «Sur les postes de la fonction publique, les hommes sont beaucoup plus présents que les femmes malgré le fait que sur les résultats scolaires, les femmes sont devant», a dit Mame Safiétou Djamil Guèye. Qui contrairement à Sala Sall croit qu’il «faut nous interroger sur la perception sociale de la femme qui est toujours confinée à ce rôle domestique».
mgaye@lequotidien.sn

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