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L’indépendance de la justice préoccupe les défenseurs des droits de l’Homme. La Société civile, l’Union des magistrats sénégalais et l’Association des chroniqueurs judiciaires ont lancé ce samedi la Plateforme des acteurs de la société civile pour l’indépendance de la justice.

«Avoir une justice indépendante dans le pays» : C’est le combat des acteurs de la Société civile, des défenseurs des droits de l’Homme, de l’Union des magistrats sénégalais (Ums) et de l’Association des chroniqueurs judiciaires (Ancj). Ils ont procédé ce samedi au lancement de la Plateforme des acteurs de la société civile pour l’indépendance de la justice. Une idée née du constat de l’Ums pour garantir l’indépendance de la justice et des violations flagrantes de la loi dans les affaires comme celle de Khalifa Sall. «Il est temps de poser des actes concrets», annonce Me Assane Dioma Ndiaye, décidé à mener ce combat de concert avec le juge Téliko, la Société civile et les chroniqueurs judiciaires. «Aujourd’hui, nous ne voulons pas que l’Ums soit la seule à porter ce combat», rassure le président de la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme. De l’avis de l’avocat, «on ne peut pas avoir une justice indépendante s’il n’y a pas une justice équitable». Malheureusement, se désole-t-il, «on a une justice aux ordres, instrumentalisée et dont le calendrier coïncide avec celui du pouvoir en place».
L’affaire Khalifa Sall «est symptomatique de l’instrumentalisation de la justice, dit-il. Entre l’instruction, le jugement de première instance, le jugement de la Cour d’appel et le pourvoi se sont déroulés en un an. Or nous avons des dossiers qui durent pour ces 4 phases entre 3 à 4 ans. Vous voyez comment on a agi avec célérité et comme si nous étions devant un ordinateur paramétré, programmé», dénonce Me Assane Dioma. La disparition de l’incertitude qui fonde la vertu de la justice irrite aussi le défenseur des droits de l’Homme. «Quand la presse dit qu’on arrête Khalifa Sall, on l’arrête. Quand elle dit le juge va se fendre une audience, c’est avéré. Quand la presse avance au départ les dates et les décisions, cela se vérifie exactement à la minute», souligne l’avocat qui note «qu’on n’est plus dans le cadre de la justice parce que les décisions sont connues d’avance».

«Insérer l’indépendance de la justice dans la
campagne électorale»
Par ailleurs, Me Ndiaye regrette que nos juridictions ne tiennent pas compte des décisions supranationales rendues et qui mettent à nu les carences de cette procédure qui porte atteinte aux droits de la défense. «Nous ne devons plus vivre cela, car sans une justice forte et indépendante, il ne saurait y avoir de stabilité ni de société viable et d’Etat de droit au vrai sens du terme» ; d’où l’importance de la mise en place de la Plateforme pour l’indépendance de la justice mise en place par la Société civile et les journalistes pour consolider l’indépendance de la justice. Cette démarche a subjugué l’Ums. «C’est par l’engagement individuel et collectif des citoyens qu’on pourra faire avancer la cause de la justice», dit le président de l’Ums. Abondant dans le même sens, Makhaly Ndiack Ndoye, président de l’Association nationale des chroniqueurs judiciaires, avance que les «journalistes doivent aussi faire le plaidoyer et vulgariser l’information sur l’indépendance de la justice. Et pour ce faire, ils doivent être formés».
En écho, Boubacar Ba, président du Forum du justiciable, demande à «l’Etat d’appliquer les réformes proposées par l’Ums» comme le retrait du président de la République et du ministre de la Justice de la tête du Csm. Un long combat.
justin@lequotidien.sn

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