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Photo d’illustration.

L’unité industrielle pharmaceutique Parenterus inaugurée hier à Diender, a une capacité de 2 mille flacons de perfusion par jour, soit 12 millions de flacons l’année. Ce qui garantit l’approvisionnement du pays en solutés stériles, avec des perspectives d’exportations dans la sous-région.

Le Sénégal importait des milliers de tonnes d’eaux stérilisées chaque année pour des besoins de perfusions sanitaires. Le pays peut désormais s’en passer de ces dépenses liées à l’importation de ce produit pharmaceutique. L’usine de fabrication de flacons d’eau stérilisée Parenterus a été inaugurée hier à Diender, commune de Bayakh.
D’une capacité de 2 mille flacons par jour, soit 12 millions de flacons l’année, cette industrie pharmaceutique est composée d’un hangar industriel sur 2500 m2, de dépendances sur 600 m2, de laboratoires sur 350 m2, de bureaux sur 250 m2, d’une cantine et d’une infirmerie.
Pour l’entrepreneur Ibrahima Ka, avec une telle unité industrielle, la rupture des stocks de perfusions va être bannie du vocabulaire des grossistes. «Une telle capacité de production, combinée à la proximité des grands axes de circulation, nous autorise à proposer des livraisons personnalisées permettant à nos clients une gestion de leur stock en temps réel sans risque de rupture», a dit le Dg de Parenterus.
A l’en croire, les bâtiments industriels abritent des équipements les plus récents et les plus sûrs pour la fabrication de solutés stériles.
Les matières premières et articles de conditionnement de l’entreprise bénéficient d’une clé d’exonération des droits et taxes à l’instar des médicaments importés au Sénégal. Toutefois, pour une égalité de traitement intégrale avec les produits, Ibrahima Ka souhaite également, une exonération de la Tva des facteurs de production. «Monsieur le Premier ministre, nous aimerions bien trouver une solution similaire pour notre facture énergétique. Entre l’électricité, le fuel et le gasoil, elle s’évalue à 250 millions par an. Une somme qui pourrait mettre à mal notre volontarisme dans le combat de l’accessibilité financière des médicaments. A l’inverse, l’exonération de la Tva ferait justice à une entreprise qui n’en collecte pas», a plaidé Dr Ka. Le fondateur de Parenterus, par ailleurs pharmacien de formation, a réitéré ses remerciements au ministère de la Santé sur le remboursement de la Tva suspendue et attend la traduction de cette attention en texte. De même, observe Dr Ka, «du fait que les entreprises pharmaceutiques ne collectent pas de Tva, le remboursement de la Tva suspendue dans le cadre de l’agrément au code des investissements peut leur être fatal».

Une unité d’un coût global de 9 milliards
Selon le Directeur général du Fonds souverain d’investissement stratégique (Fonsis), l’usine inaugurée hier fait partie du Plan Sénégal émergent (Pse) à travers le projet Dakar ville de santé (Dakar medical city en anglais). «Parenterus est à même de sécuriser l’approvisionnement national et exporter dans la sous-région plaçant ainsi Diender au cœur du savoir et de l’industrie de la santé», s’est vanté Ibrahima Kane, qui a par ailleurs, salué le partenariat public-privé à travers ce projet d’un coût global de 9 milliards de francs Cfa. Il a en outre, annoncé un fonds d’amorçage d’investissement public-privé de 25 milliards à la disposition du secteur privé.
Pour le Premier ministre, «le projet Parenterus cadre parfaitement avec l’un des objectifs majeurs de la politique de santé du pays en matière de démocratisation de notre système de santé en garantissant l’accès de tous les citoyens à des services socio-sanitaires et à des soins de qualité à moindre coût». «Cette usine va garantir la disponibilité continue à un coût compétitif de ce produit vital utilisé à tous les niveaux de la pyramide de santé. En plus, cette unité industrielle contribuera positivement à l’amélioration de la balance commerciale à travers l’arrêt de l’importation annuelle de près de 12 millions de flacons de soluté et le démarrage prochain de l’exportation de ses produits», a dit Mahammed Boun Abdellah Dionne. A la doléance du promoteur de Parenterus, d’exonérer les facteurs de production, il rassure : «Votre problème est connu, c’est le problème de toutes les filières agricoles ou industrielles qui ont été défiscalisées.» M. Dionne donne ainsi, une piste de solutions fiscales. «Par le Code des impôts, vous pouvez travailler à ce que vous ayez des crédits d’impôts, et que ce différentiel de Tva que vous ne pouvez pas récupérer, que ça soit un crédit d’impôt pour vous. Et demain, par exemple, sur l’impôt que vous aurez à payer en tant que société qui gagne de l’argent, vous poussiez déduire cette Tva.» «Nous allons travailler avec les services du ministre des Finances et le ministre du Budget pour que très rapidement vous ayez une solution définitive qui préserve votre investissement», a promis le Pm.
ksonko@lequotidien.sn

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