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Accusée d’infanticide, Angéli­que Niakh pourrait recouvrer sa liberté, après 4 ans de détention si les réquisitions du Parquet sont suivies par le juge de la Chambre criminelle. Selon lui, «il est indiscutable qu’il y a grossesse suivie de l’accouchement d’un enfant qui pesait 3,5 kg, et qu’aussi la dame n’a jamais fait de visite prénatale et a caché sa grossesse à son entourage. Et que l’enfant, selon les enquêteurs, a été trouvé enveloppé dans des pagnes et mis dans un sachet. Mais ce serait aller trop en besogne en disant que l’enfant a été mort par étouffement», a-t-il déclaré. D’après lui, l’enquête ne le dit pas. «Et pour faute d’éléments, elle peut être l’actrice ou que l’enfant peut être décédé à la naissance, remarque-t-il avec beaucoup de prudence. Donc, les causes de la mort n’ont pas été déterminées.» Pour cela, il a demandé l’acquittement de Angélique Niakh des faits d’infanticide au bénéfice du doute.
Les faits se sont produits le 5 mars 2015 au quartier Gazelle de Grand-Yoff. Les Forces de l’ordre avaient été informées de l’accouchement d’une dame qui portait une grossesse et qui a disparu et dont l’enfant n’a pas été trouvé. Le transport effectué sur les lieux a permis de trouver un enfant abandonné dans un sachet. Interpellée, Angélique Niakh a reconnu avoir accouché. Elle a déclaré que l’enfant a émis un cri à sa naissance, puis est devenu inerte. L’enquête menée par les limiers a permis de savoir qu’elle avait un copain du nom de Abdoulaye Diallo qui avait reconnu la paternité de la grossesse avant de se raviser à cause de considérations confessionnelles. Les enquêteurs ont appris aussi qu’elle n’a jamais fait de visite prénatale.
A la barre, elle a déclaré que l’enfant était mort-né. Elle a aussi dit que son petit ami avait reconnu sa grossesse. «Mais quand j’étais à mon 3e mois, il m’a proposé d’avorter parce que son père est un imam et qu’il ne veut pas d’un enfant né hors mariage. Mais j’ai choisi de garder mon enfant», dit-elle. Pourtant au moment de la délivrance, elle a accouché seule dans sa chambre, nettoyé les lieux avant d’envelopper l’enfant avec deux pagnes et le coucher sur le lit. «Je voulais le garder, car si je voulais le tuer, je n’allais pas le poser sur mon lit après sa mort», dit-elle, appuyée par son avocat dans sa plaidoirie. «Elle aurait pu avorter si elle ne voulait pas de cet enfant. Mais elle ne l’a pas fait. Rien ne permet de dire qu’elle voulait se débarrasser de son enfant. Elle a accouché seule vers minuit et l’enfant est décédé le lendemain à 18 heures. Elle ne l’a jamais jeté dans la fosse», dit-il en plaidant l’acquittement. Elle sera édifiée le 6 novembre prochain.

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