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Elle n’avait que 26 ans au moment des faits. Mais Aïssatou Ba, mère de 2 enfants, divorcée, est accusée d’infanticide. Après avoir mis au monde un enfant, elle l’a enveloppé dans un morceau de tissu avant de le jeter dans un camion de ramassage d’ordures. Pour ce crime, elle encourt 20 ans de travaux forcés. Elle sera fixée sur son sort le 6 février prochain.

Le Parquet a requis 20 ans de travaux forcés contre la dame Aïssatou Ba. Selon le ministère public, cette femme divorcée, mère de 2 ans enfants et âgée de 26 ans au moment des faits, est coupable d’infanticide pour lequel elle comparaissait hier devant la Chambre criminelle. «Elle a caché sa grossesse à son petit ami et à son entourage. Le jour de sa délivrance, elle a accouché seule sans assistance, puis a mis l’enfant d’un un sachet qu’elle a jeté dans un camion à ordures», a rappelé le procureur qui estime qu’elle a savamment ourdi son crime. Selon toujours le procureur, «c’est une grossesse non désirée et elle évitait d’être critiquée par ses parents».
Mais l’accusée ne voit pas les choses ainsi. Interpellée sur son acte, Aïssatou Ba a invoqué la peur pour l’expliquer. «C’est une grossesse de 6 mois. Le bébé était un mort-né, mais j’avais  honte et peur de la réaction de mes frères et de ma mère. C’est pourquoi je l’ai enveloppé dans un morceau de tissu. Je l’ai déposé dans la poubelle et le lendemain matin je l’ai jeté dans le camion de ramassage d’ordures», a-t-elle justifié.  A l’en croire, personne n’était au courant de sa grossesse. «Je ne voulais pas que ma maman et mes frères soient au courant. C’est pourquoi je ne pouvais pas le révéler à mes voisins et à ma famille», a-t-elle ajouté sans un brin de remord. Pourtant à l’enquête préliminaire, elle avait déclaré avoir accouché d’un enfant à terme, mais qu’elle l’avait jeté dans le camion à ordures.
Selon les avocats de la défense, rien n’atteste l’infanticide. Le certificat de genre de mort n’a pas été produit, remarquent les robes noires qui trouvent que toutes les filles-mères cachent leur grossesse. Toutefois, la défense s’est empressée de préciser que cela ne veut pas dire que leur cliente avait l’intention d’avorter ou de tuer son enfant. «Elle peut cacher certes la grossesse, mais pas l’accouchement», a dit son avocate. Selon elle, Aïssatou Ba ne pouvait pas connaître le jour de sa délivrance. Sûre qu’elle a accouché à 6 mois d’un mort-né qui n’a pas crié, la robe noire a plaidé l’acquittement. Un avis partagé par son confrère.
Les faits se sont produits dans la nuit du 22 au 23 septembre 2012 dans le quartier de Fass Delorme. Restée seule dans la maison, après le voyage de sa mère en Guinée, Aïssatou Ba avait ressenti des contractions. Sans assistance, elle a accouché d’un enfant. Après l’avoir étranglé et avec un bout de tissu, elle a enveloppé son nouveau-né qu’elle a déposé à l’intérieur de la poubelle, selon l’enquête préliminaire. Et tôt le matin, elle s’en est débarrassée comme une ordure en le jetant dans un camion de ramassage d’ordures. Comme un crime n’étant jamais parfait, une de ses voisines, qui avait soupçonné son accouchement, a saisi la police sous le couvert de l’anonymat. La descente des éléments du commissariat de la Médina a permis de trouver la dame en train de laver les habits avec lesquels elle avait accouché et qui étaient encore maculés de sang. Entendue à l’enquête, elle a reconnu avoir accouché d’une grossesse arrivée à terme. Hier à la barre, elle a déclaré avoir mis au monde un mort-né de 6 mois. La décision sera rendue le 6 février prochain.
justin@lequotidien.sn

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