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Les députés ont autorisé la création de la Société nationale de gestion du patrimoine du Ter en votant le projet de loi prévu à cet effet. A l’Assemblée nationale, le ministre des Infrastructures a fait savoir que cette société se chargera de négocier le contrat de pré-exploitation et d’exploitation permettant le démarrage des activités commerciales du Ter.

Le projet de loi autorisant la création de la Société nationale de gestion du patrimoine du Train express régional (Sen Ter Sa) a été voté hier à l’Assemblée nationale en procédure d’urgence. Lors de la séance plénière tenue à cet effet, les députés se sont interrogés sur la pertinence de la création de cette société et surtout en procédure d’urgence. Le ministre des Infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement, qui défendait ce texte à l’Hémicycle, a fait savoir que ce projet permettra de mettre en place «une société de patrimoine, des organes de direction, une direction générale, un conseil d’administration». De même, Oumar Youm a souligné que «dès que la loi sera promulguée, un décret qui va adopter les statuts sera présenté en Conseil des ministres». Ce, informe-t-il, «pour que la Sen Ter Sa puisse commencer à négocier le contrat de pré-exploitation et d’exploitation permettant le démarrage des activités commerciales prévues au plus tard dans le premier trimestre de 2020». Insistant sur l’urgence pour la création de cette société, le ministre estime que vu que la société de droit privé sénégalais chargée de l’exploitation a été déjà créée, c’est normal que le Sénégal pour avoir un vis-à-vis, puisse constituer une société de patrimoine. Poursuivant ses explications, Me Youm ajoute que «la société Sen Ter Sa sera un patrimoine national, c’est l’Etat du Sénégal qui détiendra les 100% du capital». Répondant aux interpellations de certains députés sur la question du capital de cette société, le ministre des Infras­tructures a tenu à rassurer. «On ne peut pas ouvrir le capital d’une société de patrimoine à n’importe qui au détriment d’une partie de la Nation. Pour être dans l’équilibre et dans l’équité mieux vaut permettre à ce que ce capital soit détenu à 100% par l’Etat. Pour préserver le patrimoine du Sénégal, ouvrir le capital n’est pas à l’ordre du jour», a-t-il dit.
Lors de ce face à face avec les députés, la question des désagréments causés par les travaux du Ter sont encore revenus dans les échanges. Selon le ministre, des efforts sont en train d’être faits pour que les ponts et les passerelles soient réceptionnés le plus tôt possible. S’agissant du ralentissement noté dans les travaux, Oumar Youm reconnait qu’il y a eu «48 heures de suspension des travaux» qui ont permis de «négocier avec les entreprises». Se voulant rassurant, il informe que «le chantier a repris timidement, mais les malentendus ont été levés». Et Me Youm d’ajouter : «Nous pensons que dans une semaine, le chantier sera dans une phase active pour permettre de tenir le délai de fin juin 2019 permettant de réceptionner tous les travaux.»

Vers la reconversion du Petit train de banlieue
La question du transport ferroviaire avec le Petit train de banlieue et la ligne Dakar-Bamako a été encore soulevée. Apportant des réponses à ces interpellations, le secrétaire d’Etat chargé du réseau ferroviaire a informé qu’on va vers la reconversion du Petit train de banlieue «dans le transport interurbain». L’idée, selon Mayacine Camara, c’est qu’il va devenir une Société anonyme et devrait prolonger ses services jusqu’à Touba et assurer l’activité du transport de voyageurs. Soutenant que «dans beaucoup de pays le transport voyageurs n’est pas rentable», M. Camara informe qu’il s’agira «aussi de lui donner l’occasion de rentabiliser l’activité». En perspective, explique-t-il, «il sera possible de donner à cette société la possibilité d’effectuer un transport de marchandises». D’après le secrétaire d’Etat, vu que 60% des containers sont acheminés par la route, il y a un marché important que cette société pourrait gagner. S’agis­sant de la relance de Dakar-Bamako ferroviaire, M. Camara a souligné que «c’est une question importante qui concerne deux pays». De ce point de vue, estime-t-il, «il n’est pas très facile de relancer Dakar-Bamako ferroviaire sans pour autant s’accorder avec nos partenaires maliens». Partant de l’expérience des procédures entamées depuis plusieurs années, le secrétaire d’Etat pense que la relance ne se fera pas rapidement. D’après lui, «c’est pourquoi le ministère envisage un plan de sauvegarde qui nous permettra de relancer le transport de marchandises à partir du Sénégal et de réhabiliter le transport voyageur sur la même ligne entre Kaye et Bamako». Il ajoute que ce plan va «mettre le focus sur la marchandise jusqu’à Tamba», ensuite les camions se chargeront du reste du trajet.
dkane@lequotidien.sn

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