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Le ministre des Infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement, a visité hier les ateliers centraux de la Société Dakar-Bamako-Ferroviaire (Dbf), ex-Transrail. Abdoulaye Daouda Diallo en a profité pour décliner les projets de relance du chemin de fer enclenchés par les autorités étatiques.

Le ministre des Infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement, Abdoulaye Daouda Diallo, a visité hier les chantiers enclenchés par l’Etat du Sénégal à la société Dakar-Bamako-Ferroviaire pour la relance de l’activité ferroviaire. Ainsi deux locomotives sont en pleine réhabilitation dans les ateliers centraux de l’entreprise ferroviaire pour un coût global de 700 millions de francs Cfa entièrement pris en charge par l’Etat du Sénégal. Un acte qui montre, selon le ministre des Infrastructures, entouré lors de cette visite du ministre délégué chargé du Développement du réseau ferroviaire et de ses principaux collaborateurs, que l’Etat s’est engagé à relancer le chemin de fer, et sur ce, il est sur la voie. «Un certain nombre d’instructions et de décisions ont été prises, notamment dans le cadre de la réhabilitation du chemin de fer. Il s’agit de la réhabilitation du rail et des machines, parce que ce sont là les deux paramètres importants pour qu’une activité ferroviaire existe», renseigne Add qui explique : «Nous avons constaté que le rail tel qu’il est ne nous permet pas d’avoir une vitesse commerciale acceptable parce qu’il est par endroits complètement mauvais. Donc il faudra le réhabiliter.» Dans ce cadre, signale-t-il, «nous avons pris la décision de prendre les rails qui sont déposés avec les travaux du Train express régional (Ter) pour réhabiliter les parties les plus critiques et permettre une certaine vitesse de circulation». S’agissant de la réhabilitation des machines, notamment les locomotives, le ministre fera savoir «qu’il y a deux locomotives qui sont déjà en phase de réhabilitation, les travaux ont commencé. Mieux, nous avons signé une convention avec l’entreprise Dangote qui veut transporter son ciment au niveau du Mali. Elle a  donc besoin d’avoir une certaine capacité de transport assez lourd. C’est pourquoi elle a été autorisée à réhabiliter deux grandes machines et une centaine de locomotives». Pour dire, selon Add, «nous pensons que la situation sera maitrisée dans les trois à quatre mois à venir et que l’activité sera beaucoup plus importante à partir de ce moment». Et de renseigner, «nous travaillons sur d’autres schémas autour de la reprise totale de l’activité ferroviaire». Dans ce cadre, le ministre des Infrastructures fera noter que «le chef de l’Etat a décidé de confier l’activité ferroviaire de manière générale, à de grands opérateurs qui devront mettre ce qu’il faut pour avoir définitivement un rail qui répondra aux normes et qui a été toujours la marque de fabrique du rail sénégalais». Car, de l’avis de Abdoulaye Daouda Diallo, «il faudrait que le rail continue de faire vivre ses travailleurs. Aussi il faut que les villes qui sont traversées par les rails puissent revivre, de Thiès à Kidira en passant par Tambacounda». Il termine par féliciter les travailleurs de Dbf qui, selon lui, «à force d’abnégation et de volonté, ont maintenu le flambeau». Et d’annoncer aussi, la visite de Macky Sall à la société Dbf, «qui viendra constater de visu ce qui est fait quand les locomotives seront réhabilitées et en même temps, il procédera à la relance du secteur ferroviaire».

«Les travailleurs veulent du concret»
Les partenaires sociaux, de leur côté, voient une lueur d’espoir sur cette première visite d’un ministre des Infrastructures sous l’ère Macky Sall. Toutefois, ils se montrent sceptiques quand à la relance du chemin de fer. Pour le Secrétaire général de Sat-Rail, Mame Demba Diakhaté, «les travailleurs ont besoin du concret. Nous ne voulons pas être négatifs, mais ce qui est sûr, c’est qu’on a besoin quand même du concret. Nous avons besoin de sous, encore des sous et toujours des sous dans ce chemin de fer. Il faut que Macky Sall fasse son devoir. L’évaluation a été très bien faite, nous sommes dans une société à la limite arrêtée, ce qui est important actuellement, c’est de poser des actes et d’amener de l’argent frais pour nous tirer d’affaire». Mais, poursuit le syndicaliste, «nous n’avons jamais vu dans l’histoire du chemin de fer depuis 1886 des retraités rester deux mois sans être payés». Les travailleurs veulent «un partenariat gagnant-gagnant». «Nous ne voulons pas d’une politique politicienne. Et nous sommes sûr que vous n’êtes pas dans ce tempo», crache le syndicaliste devant le ministre Abdoulaye Daouda Diallo.
nfniang@lequotidien.sn

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