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La carte scolaire s’élargit de mieux en mieux dans la région de Kédougou. Beaucoup de constructions scolaires en cours dans cette partie du Sénégal longtemps mise à l’écart du développement. Le ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam, en visite dans la région, a constaté l’avancement des travaux et a relevé quelques défis.

C’était une visite au pas de charge. Le ministre de l’Edu­ca­tion nationale accompagné d’une forte délégation s’est rendu dans les différentes localités qui abritent des infrastructures scolaires. De Guémédjé à Nafadji, Syllacounda en passant par Kédougou. Des écoles en construction comme celle de Gué­médjé, située à quelque 60 kilomètres de Kédougou et à quelque 10 kilomètres de la Guinée Conakry. Dans cette école, les élèves apprennent encore sous les abris provisoires et attendent avec impatience la fin des travaux de deux salles de classe. Alassane Mbodji, nouveau sortant des Centres de formation et de perfectionnement des personnels de l’éducation (Cfpe), y tient la classe de Cp. Il relate les difficiles conditions de travail auxquelles lui et ses élèves sont confrontés tous les jours. Ici souligne le nouvel instituteur, élèves et maîtres sont à la merci de la chaleur, du vent et de la poussière. Les élèves s’assoient sur des bancs de fortune. Quant à la table, elle est faite de tiges de bambous. «Je vous laisse imaginer comment les élèves qui apprennent à écrire vont pouvoir apprendre dans ces conditions», fait remarquer M. Mbodj.
Ce n’est pas la seule difficulté. L’école n’étant pas attractive, les élèves n’hésitent pas un instant, la pauvreté aidant, à aller dans les sites d’orpaillage pour se faire un peu d’argent. Il y a aussi, liste l’instituteur, le fait que la cantine scolaire ne fonctionne plus. L’école, non plus, n’a pas d’eau. «Nous perdons presque 30 minutes à une heure de temps pour en chercher le matin, avant de démarrer les cours», relève-t-il. Autant d’écueils relevés par le corps enseignant qui demande l’accélération des travaux afin de disposer de ces deux salles de classe.
Autre site autres réalités. A Nafadji, dans la commune de Bembou, département de Sara­ya, la situation est beaucoup plus reluisante. La visite de ce collège construit depuis mars 2015 a permis de voir une infrastructure de qualité avec 4 salles de classe, un bloc administratif, sanitaire pour un coût total de 83,7 millions de francs. Ici, la principale revendication, c’est l’électricité. Mais aussi l’eau, puisque le point d’eau se trouve à quelque 800 mètres de l’école.
A Syllacounda, ce sont les habitants en partenariat avec les émigrés du village, qui ont pris l’initiative de construire un collège. Il manque néanmoins un bloc administratif, sanitaire et un point d’eau. Serigne Mbaye Thiam a félicité les habitants qui, selon lui, n’attendent pas tout de l’Etat. Il s’est engagé à prendre en charge les infrastructures complémentaires. Le ministre a, dans la foulée, félicité le corps enseignant et les élèves qui se sont illustrés l’année dernière au Bfem avec un taux de 90% de réussite.
Le magnifique Lycée de Kédougou a mis fin à cette journée marathon de visite de chantiers. Un lycée construit sous le modèle des lycées de Dakar, deux bâtiments R+1 avec 8 salles de classes, un bloc administratif et sanitaire pour un coût total de 240 millions de francs Cfa. L’ouverture de cette infrastructure est prévue à la rentrée prochaine, informe Serigne Mbaye Thiam.
ndieng@lequotidien.sn

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