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Idev-ic, une entreprise d’ingénierie conseil, a célébré hier ses 30 ans d’existence. Une occasion pour son directeur général, Mamadou Daffé, par ailleurs président de l’Association des professionnels de l’ingénierie conseil du Sénégal (Apics), de partager le diagnostic sur l’exercice de la profession de d’ingénieur conseil au Sénégal.
L’ingénierie conseil constitue une composante essentielle au développement des projets d’infrastructures. En effet, la mise en place de tout projet fait l’objet d’étude. Malheureusement, dé­non­cent les entreprises affiliées à l’Apics, les donneurs d’ordres nationaux n’accordent pas d’intérêt à l’expertise nationale. Selon M. Daffé, «la plupart des cabinets indiquent que l’autorité ne les a pas associés dans la formulation et la mise en œuvre du Pse. Considérant que le développement requiert forcément la participation pleine et entière de l’expertise nationale, ils sont même dubitatifs quant au succès de ce plan dont la mise en œuvre est principalement assurée par l’expertise étrangère. Sous ce rapport, l’autorité qui a tendance à considérer l’ingénieur comme un simple prestataire de services ne mesure pas à sa juste valeur la qualité de l’expertise nationale et son importance pour le développement économique et social de notre pays». Ces ingénieurs déplorent également le fait que ce sont souvent des cabinets dits «internationaux» qui viennent aider  l’Etat à la réflexion en amont et parfois de façon payante.
Alors que les entreprises d’Idev-ic locales ont un apport «non négligeable» au tissu économique. A preuve, souligne le Dg d’Idev-ic, en 2015, la profession a réalisé un chiffre d’affaires d’une dizaine de milliards de francs Cfa en employant près de 500 ingénieurs et techniciens et 5 à 6 fois d’emplois temporaires dans les différents chantiers de contrôle/supervision, de missions d’assistance technique, entre autres.
Compte tenu de tout cela, défendent Mamadou Daffé et ses collègues, la profession d’ingénierie conseil devrait bénéficier d’une place de premier choix dans les réflexions stratégiques de l’Etat. «Aujourd’hui, quand les autorités gouvernementales négocient des financements avec les partenaires, la profession, à travers sa représentation corporative, doit être parmi les parties à cette négociation, comme cela se fait ailleurs. En effet, étant de ceux qui étudient les projets concernés, l’avis des ingénieurs conseils devraient être sollicités par l’autorité. Même si la participation aux négociations ne peut se faire, ils doivent néanmoins contribuer à l’élaboration des stratégies et à la préparation des documents soumis aux partenaires», explique le président de l’Apics. Il ajoute que «c’est pour répondre à cette volonté que la profession s’est organisée à travers notamment l’Apics qu’Idev­ic, la Soned et Ede président depuis 2012 avec comme mandat spécifique pour l’exercice 2017/2018 de mettre en place l’Ordre des ingénieurs conseils, comme le requiert l’Uemoa».
dialigue@lequotidien.sn

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