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Ibou Diouf aura marqué son temps. De l’affiche du premier festival des arts nègres à l’Ecole de Dakar en passant par l’exposition de ses nombreuses œuvres de qualité, cet artiste est une marque d’excellence à qui parents, proches et amis sont venus rendre un dernier hommage. C’était hier au cimetière musulman de Yoff.

Ibou Diouf s’est en allé pour le royaume céleste. Parents, proches et  artistes l’ont accompagné jusqu’à sa dernière demeure. Hier, un sentiment de tristesse et de désolation était perceptible sur les visages de ceux qui ont pu faire le déplacement. Il sonnait 17 heures quand le cortège funèbre arriva au cimetière musulman de Yoff. Pendant ce temps, une foule massée à la porte attendait la dépouille de l’illustre disparu pour, sans doute, lui faire un adieu.  A l’image de l’artiste décédé, la cérémonie fut d’une sobriété extraordinaire. A peine la porte du cimetière franchie, une haie s’est formée par affinité ou proximité. Les visages noyés dans le chagrin de perdre un « être cher, un ami ou un parent », chacun suit d’un pas pesant l’ambulance, jusqu’à la tombe où repose désormais la dépouille de Ibou Diouf. Il y en a beaucoup qui, impuissant face à cette séparation  douloureuse, n’ont pu retenir leurs larmes.
Chalys Lèye, visiblement très marqué par «cette perte», marche la tête baissée. Difficile de lui arracher quelques mots, tant la douleur lui est insoutenable. Il préféra se mettre totalement à l’écart au point de ne pas entendre le dernier prêche de l’iman. Ce dernier a expliqué pendant près d’un quart d’heure que seules 3 choses vont accompagner Ibou à sa dernière demeure. Il s’agit  de la satisfaction de ses parents, la prière de ses proches et des actes qu’il a eu à poser durant sa vie.   Ce qui fait dire à certains croyants présents, que le défunt ne «serait pas à l’étroit dans sa tombe au vu du plaisir qu’il a su donner à ce bas monde durant sa vie».
Certains membres de la famille, à l’issue de la cérémonie de mise en terre, ont pris le soin d’emporter du sable issu de sa tombe. Sur le chemin du retour, un silence assourdissant agrandi ce sentiment de «vide» que Ibou Diouf a provoqué. Le pas pesant, les mines défaites, tous, parents et amis, se rendent à l’évidence que rien ne sera plus comme avant. Le passé sera de mise pour parler de Ibou Diouf. Désormais l’on va se rappeler qu’il fut l’auteur de l’affiche du premier festival mondial des arts nègres et un des membres pionniers de l’Ecole de Dakar. Que la terre de Yoff lui soit légère !
Stagiaire

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