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Le lycée de Ouakam, a accueilli, hier, le président du Club du Mandé et conseiller spécial du président de la République Hamidou Dia pour l’installation de son premier Club du Mandé.  Cette rencontre s’est effectuée au grand bonheur du proviseur du lycée et des professeurs impatients de voir leurs élèves s’imprégner de la charte de Kurukan Fuga.

Pour former les jeunes à l’acte civique et aux valeurs qui fondent la Nation, il n’y a pas meilleur moyen que de les inviter à la pratique au sein des clubs scolaires. Voilà ce qu’a sans doute compris le proviseur du lycée de Ouakam Djibril Diallo Falémé, en conviant hier, le président du Club du Mandé, Hamidou Dia à installer dans son lycée le premier club du Mandé. «Vous avez choisi notre lycée pour abriter le 1er club du Mandé au Sénégal c’est un grand honneur, et nous vous donnons l’engagement qu’on va assumer cet engagement», a-t-il fièrement dit à l’endroit du conseiller spécial du président de la République. Le club du Mandé est en effet une initiative des autorités du Sénégal visant à faire en sorte que dans les écoles du Sénégal, dans la jeunesse, dans les places publiques et à différentes échelles de la population, que les uns et les autres aient accès, à la Charte du Mandé et aux valeurs de cette charte. Un texte fondamental datant de 1236, alors que l’empire du Mali était à peine à son fondement, juste après la bataille historique de Soundiata Keita sur Soumangourou Kanté.
La Charte du Mandé encore connue, sous le nom de la Charte de kurukan fugan est l’un des premiers textes connus sur l’organisation de la cité chez les Mandingues. Selon beaucoup de spécialistes, elle est bien antérieure, à la déclaration universelle des droits de l’homme cet  autre texte qui régit la vie des  humains. Aussi est-il important aux yeux de Hamidou Dia que la jeunesse en ait conscience. «Si le club Mandé reste uniquement au niveau des adultes, nous allons rater notre mission de liaison avec les jeunes. Parce que ce sont les jeunes qui doivent porter ces valeurs, ce sont les jeunes qui doivent connaitre leur culture, leur passé, leur histoire. Il faudrait qu’il y ait un partage au niveau de ceux qui ont l’avenir du pays demain entre leurs mains», a-t-il expliqué. Avant la révolution française, avant la Magna Carta (charte des libertés) en Angleterre, avant la révolution américaine, l’Afri­que a connu la première charte mondiale des droits de l’homme à travers la Charte du Mandé (1236). Une charte qui regorge d’enseignements très utiles, si l’on se fie aux explications du président du club Mandé.

Exhumer, exploiter notre gisement culturel
Sur la question de la gouvernance, la charte prône la bonne gouvernance, la paix, la participation des femmes à la bonne gouvernance, elle prône le premier commandement, la libération de l’esclavage… «Elle prône le respect de l’environnement. Autant de questions qui sont des problèmes actuels et qui pourraient nous inspirer», d’après M. Dia. Mais attention il ne s’agit pas a-t-il dit, de retourner au passé mais de s’en inspirer pour construire une jeunesse consciente et une Nation solide. «L’idée c’est d’exhumer, d’exploiter notre gisement culturel très riche et voir ce que nous pouvons en faire dans les conditions modernes». A côté de la Charte du Mandé, M. Dia propose d’autres textes tout aussi importants : la révolution Torodo de Thierno Souleymane Ball, les manuscrits de Tom­bouctou… Une large palette de recommandations que les élèves de Ouakam, pourront explorer. Au grand bonheur de leurs professeurs, parmi lesquels M. Mamadou Bâ, qui a salué l’installation de ce premier club au lycée.
«Nous avons toujours pensé, et à tort, que le développement c’est lever des autoroutes, construire des ponts. Tout ça c’est important certes, mais le développement c’est investir sur l’homme. Le combat que vous menez c’est un grand combat. Ce combat s’il aboutit, vous aurez rendu un service plus important que tous les gens qui ont levé des ponts, des autorités. Si à l’intérieur de ces autoroutes et sous ces ponts il y a des complexés ; ils ne pourront jamais eux-mêmes ; faire ce qu’ils font. Comme dit Ousmane Sembène, ils passeront tout leur temps à dire laarabiralane, alors qu’ils sont assis sur des mines d’or. Nous serons fiers, quand demain nos enfants ne seront plus complexés devant ce qui est blanc», a affirmé Mamadou Bâ. Les lycées Limamoulaye, Seydou Nourou Tall et celui de Rufisque suivront bientôt dans cette initiative qui vient d’être lancée, puisque le président du Club Mandé, Hamidou Dia espère y installer des clubs, tout comme il en a fait avec le lycée de Ouakam. Son vœu le plus cher, c’est que tous les lycées du Sénégal aient chacun son club Mandé, pour un maillage complet du Sénégal, et plus tard la Guinée, le Mali et la Côte d’Ivoire.
aly@lequotidien.sn

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