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Le ministre de la Bonne gouvernance et de la protection de l’enfance, Ndèye Ramatoulaye Guèye Diop, a procédé au lancement du prix «Protecteur de l’enfant». Une initiative qui encourage les efforts de personnes physiques ou morales dans la défense et la protection des enfants.

Le ministère de la Bonne gouvernance et de la protection de l’enfance lance le prix «Pro­tecteur de l’enfant». Un nouveau mécanisme qui, selon Mamadou Wane, coordonnateur de la Plateforme de promotion des droits humains, vient s’ajouter au mécanisme du système de protection de l’enfant. L’instau­ration du prix a pour objectif, d’après le Conseiller technique du ministère, Abdoulaye Dieng, d’améliorer l’environnement protecteur des enfants à travers la promotion de leurs droits. Ainsi, des personnes physiques ou morales, qui se feront remarquer dans le développement d’initiatives pertinentes de protection de l’enfance tant au niveau national que local, seront distinguées et récompensées. Un comité de pilotage tiendra sa première réunion début janvier pour réfléchir sur les modalités pratiques de l’organisation de ce prix.
Le représentant de la société civile, Mamadou Wane, indique que ce prix est une étape supérieure dans la construction de la protection de l’enfance. Ap­puyant ses propos, le ministre de la Bonne gouvernance en retient l’expression d’une volonté politique dans le seul but de protéger les enfants. «C’est la reconnaissance de la République quelque part pour ces enfants, ces travailleurs de rue, ces femmes Ndeyou daara, Bajenu gox et toute personne qui lutte contre l’exploitation des enfants et qui donne de l’affection à ces enfants sans soins parentaux», soutient le représentant de la société civile.
Pour autant, le rêve d’une société sans enfants en haillons, mendiant dans les rues, d’une société où on donne en mariage forcé des enfants, ou d’une société avec des mômes privés de soins parentaux est loin d’être une réalité. C’est bien de reconnaître et d’encourager des hommes et des femmes ou des institutions pour avoir permis aux enfants de recouvrir leur pleine citoyenneté, mais cette initiative est-elle une priorité ? Le sociologue, Mamadou Wane, ne crache pas sur ce projet, mais estime que l’urgence dans ce pays c’est de retirer ces êtres innocents et sans défense de la rue. Certes le ministère a commencé à le faire depuis 2016 avec une centaine d’enfants retirés et renvoyés chez eux, mais la mendicité est plus que d’actualité. Et pourtant, «nous avons une législation très favorable à la protection de l’enfance», indique-t-il. Mais, poursuit M. Wane, le problème fondamental c’est l’application de la loi. «Le Président demande à ce que les enfants soient retirés de la rue et le lendemain on se rend compte du contraire», note-t-il. Les acteurs de la protection des enfants estiment qu’on ne peut pas avancer sur cette question avec une volonté politique qui s’affiche, qui s’effrite et se réaffiche. «Il est temps de stabiliser la volonté politique», plaide Mamadou Wane qui accuse aussi les groupes de pression «qui cherchent à justifier la mendicité par des modalités religieuses, ce qui complique tout», relève-t-il.
Le ministre Ndèye Ramatou­laye Guèye Diop y ajoute les mutilations génitales féminines, les mariages d’enfants, et la non-inscription des enfants à l’état civil à la naissance. Elle appelle à un changement de comportements pour une protection plus optimale des enfants, car pour les acteurs, les communautés ont un rôle à jouer pour dépasser cet imaginaire qui veut voir un enfant souffrir chaque jour et lui donner de l’aumône.
ndieng@lequotidien.sn

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