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Les mariages précoces constituent l’une des plaies que la société n’arrive à guérir malgré la multiplication des programmes pour son éradication. Mais le pacte communautaire «New deal», mis en place, est en train de faire bouger les lignes.

C’est une situation dramatique : Au Sénégal, 16% des adolescentes de 15 à 19 ans sont déjà mères de famille. Un taux qui atteint les 30% dans les régions de Kolda et de Tambacounda, au sud du pays. Dans les régions de Tamba­counda, il est de 30%. Ces deux régions enregistrent également les taux les plus élevés de filles de moins de 14 ans victimes des Mutilations génitales féminines (Mgf), avec respectivement 44% pour Tambacounda et 35% pour Kolda contre 14% au niveau national.
Alarmants, ces chiffres interpellent la société, surtout les jeunes filles. Le Centre conseil adolescent (Cca) de Tambacounda, sous l’égide du Projet promotion des jeunes (Ppj) du ministère de la Jeu­nesse, avec l’appui de l’Unfpa, a développé l’initiative des «Clubs des jeunes filles» pour essayer de rompre cette pratique rétrograde.
L’objectif principal est de lutter contre les grossesses précoces et les mariages d’enfants, renforcer le leadership des adolescentes et jeunes filles, promouvoir leur la scolarité et leur employabilité. Ainsi, le Cca de Kolda s’est approprié cette approche novatrice qui a généré le concept du «New deal» ou «Pacte communautaire» qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des trois résultats transformateurs de l’Unfpa visant : «Zéro décès maternel évitable, zéro besoin non satisfait en planification familiale, zéro violence basée sur le genre et pratique néfaste à l’horizon 2035.»
Il faut savoir que le «New deal» est un pacte communautaire qui repose sur un engagement moral entre des jeunes filles et les parents pour un objectif «zéro grossesse» au sein des «Clubs de jeunes filles». Il s’agit de l’engagement des parents à ne plus marier leurs filles avant 18 ans, alors que les jeunes filles à leur tour jurent de ne pas tomber enceinte avant le mariage. Résultat : aucun cas de grossesse n’a été enregistré parmi les 8 125 jeunes filles qui ont signé le pacte du «New deal».
En trois ans d’existence, le pacte a produit des résultats très satisfaisants et salutaires avec la création de 292 Clubs de jeunes filles dans 12 départements du pays, l’enrôlement de 10 mille 525 jeunes filles signataires du «New deal» et reconnues par leur communauté. En plus, aucun cas de grossesse n’a été noté dans les Clubs de jeunes filles, 333 jeunes filles ont bénéficié de formation professionnelle qui leur a offert des activités génératrices de revenus en vue de leur autonomisation. Last but not least, il y a un taux de réussite de 100% au Bfem en 2019 des membres des Clubs de jeunes filles des communes de Dabo et Mampatim, dans la région de Kolda.
En mettant le curseur sur les lourdeurs sociétales qui pouvaient gêner l’épanouissement des jeunes filles, le ministre de la Jeunesse, Néné Fatoumata Tall, rappelle le chemin parcouru avec les partenaires de son département pour arriver à ces résultats probants et salutaires à l’échelle des zones ciblées par le programme. «C’est dans cette dynamique de consolidation des acquis, mais également d’élargissement qu’il faut comprendre les objectifs du document d’orientation pour la mise à l’échelle», explique Néné Fatoumata Tall, ministre de la Jeunesse, qui garantit «la disponibilité de son département dans la poursuite du travail pour une ‘’inclusivité’’ du projet». Elle demande même la modélisation de l’initiative du «New deal» à l’échelle nationale, les orientations stratégiques et les angles d’intervention.

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