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Que chacun fasse ce qu’il sait faire le mieux pour la bonne marche de la filière riz dans le bassin rizicole de l’Anambé : c’est l’ambition de la Sodagri et ses partenaires, notamment la Fao et le Pnar, à travers la plateforme multi-acteurs dont les bases sont jetées dans cette vallée rizicole de la région de Kolda.

La commercialisation, la production, la transformation, la fourniture de services et le crédit sont différents métiers de la chaîne de valeurs des différentes filières agricoles ; métiers qui ne sont souvent pas compris comme tels par les acteurs des zones de production. C’est le cas dans le bassin rizicole de l’Anambé, région de Kolda, où la faiblesse des organisations de producteurs en termes de capacité financière et d’expertise, le manque de confiance entre acteurs eux-mêmes et entre les acteurs, la Sodagri, société en charge de l’appui-conseil, et les institutions de crédit agricole ne permettait pas une division du travail. Du coup, le producteur pratiquait à la fois tous ces métiers précités. Ce qui, tout en accroissant ses risques, amoindrit la rentabilité du métier de riziculteur. C’est justement dans l’optique d’inverser cette situation que le Programme national d’autosuffisance en riz (Pnar), en collaboration avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), a proposé la mise en place, en ces lieux, d’une plateforme multi-acteurs. Le processus de sa création est lancé mardi passé, à l’occasion d’un atelier organisé en ce sens à la direction technique de la Sodagri à Soutouré, village du département de Vélingara. Le coordonnateur du Pnar, Dr Waly Diouf, a expliqué : «La plateforme doit être un cadre de réflexion, de concertation, de prise de décisions qui va mettre en relation gagnante l’ensemble des acteurs de l’avant-production à la commercialisation, en passant par la production, la transformation et les services, afin de dynamiser la filière riz et d’améliorer durablement l’environnement des affaires pour l’ensemble des acteurs.»
Pour en arriver là, la Sodagri et ses partenaires se sont inspirés de l’exemple de la Côte d’Ivoire où existe une telle structure qui marche bien.
Les participants à l’atelier, qui sont les différents acteurs de la chaîne de valeurs riz, ont écouté des communications sur le fonctionnement de la plateforme, ses avantages, le partage d’expériences de la Côte d’ivoire. Ils ont également discuté de la structure et ses organes de direction et une feuille de route dressée à la fin.
El Hadji Aly Gano, président de la Fédération des producteurs du bassin de l’Anambé (Fepro—ba), a remercié les partenaires que sont la Fao et le Pnar qui, «depuis 3 ans, aident le bassin à décoller en améliorant l’environnement de la riziculture».

Les producteurs invités à produire les Nerica 4 et 6
«Pour la culture de contre-saison qui s’annonce, on vous recommande de produire beaucoup de riz des variétés Nerica 4 et 6. Le bassin doit pouvoir fournir ces semences à toute la région de la Casamance naturelle et aux autres régions du Sénégal», a lancé le coordonnateur du Pnar, Dr Waly Diouf, à la centaine de participants à l’atelier de lancement de la Plateforme multi-acteurs riz du bassin de l’Anambé. C’est dans la perspective de faire face aux besoins en semences pour les candidats à la riziculture de plateau, fortement encouragée, et à ceux qui ont choisi les variétés hâtives en culture sous pluie. «Il n’y a que dans l’Anambé et à la vallée du fleuve où on pratique la contre-saison. Si ces 2 zones ne parviennent pas à satisfaire la demande, on sera obligé d’en importer hors du pays. Ce qui n’est pas souhaitable», a-t-il ajouté. Les Nerica (New rice of africa) 4 et 5 sont des variétés de riz à cycle court (2 mois) qui se comportent bien sur les plateaux. Une manière de s’adapter à la pluviométrie qui diminue en quantité et en jours de pluie.

akamara@lequotidien.sn

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