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Si une politique publique signifierait tout ce que l’Etat décide de faire ou de ne pas faire, ainsi dans le cadre de la lutte contre les inondations, l’Etat du Sénégal est dans une logique laxiste, et peu stratégique du «Ni Ni».  Ni une politique publique efficace et efficiente contre les inondations, Ni une absence visible d’une politique abstentionniste face aux inondations. Sous ce rapport, un nouvel ordre moral se pose et s’impose pour une bonne gestion des inondations. La moralisation de la vie politique est un avantage majeur pour les gouvernants dans la mise en œuvre des politiques publi­ques, surtout celles qui impactent directement le quotidien des Sénégalais. Un rapprochement de causalité et d’effets montrant la création successive, depuis 1963, d’instances pour gérer la lancinante question des inondations au Sénégal, met en évidence le manque de sérieux et l’immoralité de certains dirigeants.
Du fameux plan Orsec, en 1963, à la Commission nationale de prévention de supervision et de suivi de la lutte contre les inondations (Cnpssli en 2007), en passant par la Commission nationale de gestion prévisionnelle des inondations (Conagpi 2001), plusieurs voies et voix ont été empruntées pour régler ce fléau, sans compter le plan décennal contre les inondations en vigueur, estimé à un coût de plus de 750 milliards de francs Cfa. A cet effet, malgré la somme d’argent mirobolante injectée dans ce secteur, aucun impact positif allant dans le sens d’éradiquer définitivement le fléau des inondations n’est constaté à l’évidence. Dès lors, les inondations ne représentent-elles pas la saison d’enrichissement de politiciens véreux aux moralités douteuses ? Ainsi, compte tenu de tous ces échecs répétitifs et incohérences organisationnelles, le président de République Macky Sall n’a-t-il pas raison de demander une évaluation détaillée du plan décennal ? Oui ! Vu la situation, il doit effectivement demander des comptes à ses collaborateurs, dépositaires de sa confiance.
Après une évaluation exhaustive de la gestion des inondations, un nouvel ordre moral doit être instauré, avec des acteurs qui placeront le moral au cœur de la gestion des inondations, car il est immoral de passer aisément la nuit chez soi, en laissant des compatriotes la passer à la belle étoile, alors que leur bonheur et leur aisance étaient entre vos mains.
Le Covid-19 nous a montré qu’en matière de gouvernance, ceux qui anticipent et préviennent s’en sortent excellemment. Par conséquent, l’Assemblée nationale doit activement participer à la gestion des inondations avec la création d’une commission de prévention et de gestion des catastrophes naturelles. Une commission qui sera dans la prévention, l’anticipation et la gestion des catastrophes naturelles pour non seulement assister l’Exécutif dans son action, mais aussi exercer un contrôle renforcé dans sa gestion des catastrophes naturelles. Aussi, l’ordonnancement et l’agencement juridique de nos codes et textes doivent être cohérents et adaptés aux contextes. Ainsi, les codes habilités à donner une place importante et centrale à la gestion des inondations ont manqué de pertinence dans leur formulation. En effet, dans les Codes de l’assainissement (loi no 2009-24 du 8 juillet 2009 portant le Code de l’assainissement) et d’urbanisme (loi n’88-05 du 20 juin 1988, portant Code de l’urbanisme), nous notons une absence flagrante du mot Inondation ; autrement dit, le mot inondations n’y figure point. Et s’agissant des Codes de l’environnement et de l’eau, le mot inondation n’est respectivement mentionné qu’une fois et deux fois. Partant de ce constat, ce flou et vide juridiques doivent être corrigés dans ces codes susmentionnés, pour une gestion intégrée et interconnectée des inondations. En définitive, une volonté politique manifeste et notoire, exempte de toute visée électoraliste et populiste dans laquelle le moral est au centre, doit impérativement voir le jour pour une gestion communautaire et communaliste, intégrant les acteurs locaux des inondations.
Alioune DIAW
Doctorant à la Faculté des sciences juridiques et Politiques de l’Ucad

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