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Si dans certaines contrées du pays, des populations implorent encore le ciel d’ouvrir ses vannes, ce n’est pas le cas de Ziguinchor. Dans certains quartiers envahis par les eaux de pluie, l’hivernage rime aujourd’hui avec désespoir, colère et mal-vivre.

Ce sont les images du chaos. Des arbres, tel ce fromager géant qui s’écrase sur une maison au quartier Kandialang, déracinés, un puits qui s’affaisse sous la pression des eaux toujours à Kandialang Peul, des murs de maisons en banco effondrés, des rues et des ruelles envahies par les eaux de pluie et des eaux usées avec leurs lots de déchets domestiques et de débris de toutes sortes, des maisons submergées, des dégâts matériels à foison du fait de vents violents, etc. Plus de 72 heures de pluies battantes ont fini de plonger les populations de plusieurs quartiers de Ziguinchor dans le désarroi le plus total. A Belfort, Santhiaba, Goumel, Djibock, Coboda, Colobane, quartiers fortement inondés par les dernières pluies, l’hivernage rime aujourd’hui avec ras-le-bol, a­mer­tume, colère et impuissance. Même la Gare routière de Zi­guin­chor sise au quartier Gou­mel est également envahie par les eaux. Les chauffeurs, trans­porteurs qui ne savent plus à quel saint se vouer, n’hésitent plus, à chaque fois que le ciel ouvre ses vannes, à déserter les lieux pour squatter la place Aline Sitoé Diatta qui jouxte les lieux. Et pour cause ! Aucun véhicule en de pareilles circonstances ne peut accéder au site. Une situation qui risque d’ailleurs de perdurer du fait de l’impuissance des autorités municipales jusque-là incapables d’apporter des solutions pérennes par rapport au problème d’assainissement de la ville de Ziguinchor. Et une impuissance illustrée par cet appel du pied des populations au ministre chargé des Inondations, «afin qu’il vienne en aide à la mairie de Ziguinchor, comme il l’a fait l’année dernière, pour résoudre nos problèmes d’évacuation des eaux de pluie». Et c’est donc face à ce qu’­elles jugent comme une inertie de l’équipe municipale, qui tarde à apporter des réponses à leur calvaire, que les populations impuissantes et encore sous les eaux, ont décliné devant l’autorité préfectorale et certains responsables politiques et administratifs en visite dans les sites, une batterie de plaintes et de complaintes, et lesquelles ont pour noms une absence de canalisation digne de ce nom, un manque d’assainissement dans les quartiers, des promesses jamais tenues par l’équipe municipale. «Inondations, interventions», «A quand la fin de notre calvaire». Telle est la symphonie qui rythme d’ailleurs depuis plusieurs jours, les cris de détresse des jeunes, femmes, notables de ces zones inondées, et qui, contrairement à celles des autres contrées, implorent plus que jamais le ciel de ne plus ouvrir ses vannes dans la capitale duS. Des populations, des familles qui, dès que le ciel s’assombrit, deviennent anxieuses ; et des sinistrés qui, avec ces pluies, passent souvent leur nuit entière à curer, disent-elles, leurs chambres et leurs salons.

imane@lequotidien.sn

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